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30 mars 2010

"Des problèmes de mémoire"

Pour illustrer le chapitre sur les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France, je vous ai fait écouter quelques extraits de films, de reportages et une chanson. Je vous propose de les réécouter ici.

  • La Traversée de Paris, Claude Autant-Lara, 1956. Des Français surtout préoccupés par des questions matérielles. Ici des personnes pratiquant le marché noir.


  • Le Chagrin et la Pitié, Marcel Ophüls, 1971. Le témoignage d'un engagé volontaire dans la SS.


  • Discours de Jacques Chirac en 1995 reconnaissant la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs :


25 mars 2010

Quand Bokassa se couronnait Empereur de Centrafrique


Jean-Bedel Bokassa, ancien de la France libre, s'empare du pouvoir en Centrafrique à partir de 1965. Très vite, il sombre dans la mégalomanie. Grisé par le pouvoir absolu, il s'autoproclame “président à vie” en 1972, puis Maréchal en 1974. Président omniscient, il dirige tout et accapare les postes à responsabilité. Le cumul des mandats ne le préoccupe pas puisque, tout en restant président, il s'arroge dans le même temps dix ministères. Évidemment, il contrôle l'information et les médias, transformant ainsi la radio nationale (La voix de la Centrafrique) en organe de propagande. Admirateur inconditionnel de Napoléon, il organise, le 4 décembre 1977, une fastueuse cérémonie au cours de laquelle il se couronne lui-même Empereur. Ce sacre coûte une fortune au pays, dont l'économie est pourtant exsangue. La couronne, le sceptre sont sertis de pierres précieuses d'une très grande valeur.

Sur l'histgeobox, Julien Blottière, grâce à Tropical Fieste, nous retrace avec brio l'itinéraire de Bokassa. Ecoutez le morceau et lisez l'article ici.


23 mars 2010

Comment devient-on terroriste ? (1)

Il y a plusieurs manières de réagir face au terrorisme. On peut répondre par un assaut de virilité et montrer ses muscles. C'est ce qu'ont fait les Etats-Unis de Georges Bush avec les effets désastreux que l'on connaît (Irak, Guantanamo, waterboarding,...). On peut également essayer de comprendre les raisons qui ont poussé des hommes ou des femmes jeunes à se faire sauter en tuant le plus possible de personnes quelles qu'elles soient. Comprendre n'est pas justifier mais tenter de désamorcer les mécanismes qui conduisent aux attentats-suicides. Naturellement, les écrivains et les artistes sont en première ligne dans cette quête.

Je vous propose de découvrir deux exemples récents de cette démarche, dans des genres assez différents. Cette semaine, je vous parle du très beau roman Les étoiles de Sidi Moumen. La semaine prochaine, je vous parlerais de la BD de Galandon et Volante Shahidas (+ un entretien avec Laurent Galandon).


Première partie : Les étoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine



16 mars 2010

Quand le fantôme de Tom Joad inspire Springsteen

"En 1995, Bruce Springsteen sortait son 11ème album et sortait un single éponyme pour l'accompagner : "The Ghost of Tom Joad". Cette chanson est dédiée aux laissés pour compte des Etats-Unis, aux recalés du système, aux homeless, aux travailleurs pauvres, aux pauvres tout court, dont le nombre est estimé à l'époque à plus de 36 millions, ce qui représente 14% de la population totale du pays d'alors. Ces personnes vivent en dessous de ce que l'on appelle le seuil de pauvreté. Aux Etats-Unis, il est défini par le gouvernement fédéral en conditions de vie, en fonction d'estimations de besoins de revenu."

En étudiant la chanson du "Boss", Véronique Servat nous propose sur l'histgeobox de revenir sur la Dépression des années 1930 et sur les laissés pour compte des Etats-Unis des années 1990.


13 mars 2010

Liberté de Tony Gatlif : les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale


Le réalisateur Tony Gatlif a toujours célébré la liberté. C'est une sorte de fil conducteur dans les films qu'il réalise depuis plus de 30 ans. Certains ont contribué à sa célebrité comme Latcho Drom (1993), Gadjo Dilo (1999) ou Exils (2005). Né d'un père kabyle et d'une mère gitane, Tony Gatlif a toujours eu à cœur de défendre la liberté et de dénoncer le sort réservé aux Tsiganes.

Avec Liberté, il a décidé de faire œuvre civique et de faire connaître un sujet difficile. Il abord en effet le sort des Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

11 mars 2010

Ne pas confondre (1) Coup de Prague et Printemps de Prague

C'était la question du mois : En quelle année a eu lieu le Printemps de Prague ? La réponse en 5 dates :

[2 affiches du Parti communniste Tchécoslovaque : Celle de gauche date de 1948. Deux ouvriers lisent le Rude Pravo, quotidien du parti avec ce slogan : "Aidez-nous à bâtir le socialisme !". Celle de droite date de 1946, au moment du 8ème Congrès du Parti]

- 1948 : Le Coup de Prague. Avant le printemps de 1968, il y eut "l'hiver".
En Tchécoslovaquie, malgré de bons résultats aux élections, les communistes sont obligés de composer avec les autres forces politiques dans un pays qui a une tradition démocratique. L’obligation de refuser le plan Marshall, imposée par Moscou, va précipiter la crise. En février, le ministre de l'intérieur communiste veut étendre sa mainmise sur la police. Les ministres non-communistes démissionnent pour protester. Le président Beneš, sous la pression de la rue communiste, est contraint de nommer un gouvernement exclusivement communiste dirigé par Klement Gottwald. C’est le Coup de Prague de février 1948. Des élections auront bien lieu, mais à liste unique... Beneš finit par démissionner, la Tchécoslovaquie est passée dans le camp communiste. En maniant habilement intimidation (ils contrôlent la police) et séduction, les communistes finissent par s’emparer de tous les leviers du pouvoir.

[L'ex-Stalinallee, aujourd'hui Karl-Marx-Allee, Photo E.A., 2009]

- 1953 : Une révolte éclate à Berlin-Est. Le régime communiste, dirigé par Walter Ullbricht, augmente les objectifs de production sans les compenser par des améliorations de salaires. Dès 1953, les ouvriers construisant la Stalinallee (une avenue monumentale à la gloire de Staline) à Berlin-Est manifestent et provoquent un début de révolte contre le régime honni de Walter Ullbricht. Cette révolte est écrasée par les blindés soviétiques (photo ci-contre). Le régime se durcit et se ferme comme en témoigne la construction du Mur de Berlin en 1961. En savoir plus dans ce message qui évoque également la construction du mur en 1961 et l'Ostpolitik de Willy Brandt.


- 1956 : La révolution hongroise. La population de Budapest et de la Hongrie se révolte contre la présence soviétique et le régime communiste. En savoir plus en lisant la petite histoire de la Hongrie au XXème siècle, notamment une chronologie de la révolution et ses lieux. Des images du parc des statues de l'époque communiste à Budapest. Les origines de la Révolution et le lien avec la révolte de Poznan en Pologne. Quelques liens (photos, vidéos).
[La statue de Staline sur Dosza ut avant et après son déboulonnage par les insurgés de Budapest]

- 1968 : Le Printemps de Prague. Sous l'impulsion de Dubček, nouveau secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque, le pays tente d'établir un "socialisme à visage humain", véritablement démocratique. C'est le printemps de Prague, un vent de liberté à l'est. Au début de l’année 1968, la Tchécoslovaquie change donc d’orientation. Les victimes des procès staliniens des années 1950 sont réhabilitées, Dubček permet la liberté d’expression. Les Tchécoslovaques ne s’en privent pas et participent à ce «Printemps de Prague». Mais cette liberté retrouvée ne plaît pas à Moscou où Leonid Brejnev a remplacé Khrouchtchev en 1964. Brejnev met en avant l’idée de souveraineté limitée, également appelée « doctrine Brejnev ». Son principe : les intérêts du communisme passent avant les intérêts nationaux. Aussi le 20 août décide-t-il de mettre fin à l’expérience tchécoslovaque. Les troupes du Pacte de Varsovie interviennent. Dubček est progressivement écarté. Le parti est épuré. C’est le début de la « normalisation ».
Cet échec du Printemps de Prague symbolise l’impossible réforme du modèle dans les démocraties populaires. La décennie qui suit marque l’émergence de nouvelles formes de contestation derrière les succès apparents. Pour avoir plus de détails, un article de J. Blottière sur le Printemps de Prague et la doctrine Brejnev.
[Dubček en 1968]

- 1989 : La Révolution de velours. En Tchécoslovaquie, des manifestations conduisent à la « Révolution de velours ». Les anciens dissidents accèdent aux responsabilités. L'un des protagonistes malheureux du Printemps de Prague, Dubček, devient président de l'Assemblée nationale. L'un des principaux dissidents et initiateur de la Charte 77, le dramaturge Vaclav Havel (photo ci-contre), devient président de la République en 1990.Le régime communiste tchécoslovaque disparait sans violence.

10 mars 2010

Les années Thatcher au Cinéma

"Paradoxalement, le moribond cinéma britannique a retrouvé ses lettres de noblesse en filmant quelques uns des aspects les plus tragiques de la crise industrielle et sociale qui toucha la Grande Bretagne des années Thatcher, (1979-1990), et Major (1990-1997).

Si Ken(neth) Loach s'impose comme le metteur en scène attitré de l'injustice sociale et des dégâts du libéralisme (de My Name Is Joe, à Sweet Sixteen, en passant par The Navigators ou Raining Stones) il n'est pas longtemps resté seul derrière sa caméra pour aborder ce sujet. Quitte à lui emboîter le pas, autant y introduire un peu de variété : qu'il s'agisse de la comédie du Full Monty, de l'humour grinçant (et parfois glaçant) de Trainspotting, ou du tire-larmes que sont Les Virtuoses, on n'a que l'embarras du choix pour découvrir la diversité des regards cinématographiques sur ces années de croissance ralentie et de flambée du chômage."

Sur Samarra, Véronique Servat nous dresse un tableau passionnant du regard qu'offre sur cette crise le cinéma britannique des années 1990


09 mars 2010

Le blues de McCarthy


"Avec l'installation du monde de l'après-guerre dans la guerre froide, les Etats-Unis sont pris d'une véritable peur des “rouges”, confinant souvent à la paranoïa. En 1947, au début de la guerre froide, Truman lance une enquête sur les fonctionnaires américains afin de vérifier s’ils cautionnent ou non les idées communistes.

Les craintes s’amplifient avec le blocus de Berlin et la guerre de Corée. Le sénateur républicain du Wisconsin, Mac Carthy, mène ces campagnes contre l'infiltration communiste dans l'administration américaine. Il lance une “chasse aux sorcières” également connue sous le nom de maccarthysme."

06 mars 2010

Londres 2005 : "Days of Fire"

London Undersound est le nom du huitième album de Nitin Sawhney. Un fil conducteur sinistre relie les différents morceaux de cet album d'un grand éclectisme musical : les attentats de Londres en 2005 et leurs multiples conséquences.


L’album s’ouvre sur Days of Fire interprété par le rappeur Natty qui y rapporte sa propre expérience. Il reste en effet très marqué par la mort du Brésilien Charles de Menezes, pris par erreur par la police pour un poseur de bombe à la sortie de la station de métro Stockwell. Nitin Sawhney explique: " Natty était présent lors des attentats du 7 Juillet, puis par une étrange coïncidence, il était tout proche de la scène de fusillade de Jean-Charles de Menezes deux semaines après. En deux semaines seulement, la conception que l’on avait de Londres a été totalement bouleversée."

En étudiant ce morceau poignant, Julien Blottière retrace pour nous la recrudescence des attentats perpétrés par des mouvements islamistes depuis maintenant deux décennies.


05 mars 2010

"Tokyo sanpo" : la ville mondiale vue d'une chaise pliante

"Comme il l'explique dans la préface de son ouvrage, Florent Chavouet, a passé 6 mois en 2006, à Tôkyô, la "plus belle des villes moches". "

Le blog Samarra sur lequel nous vous parlons régulièrement de musique, de BD, de films et de beaucoup d'autres choses compte depuis cette semaine une nouvelle contributrice. Il s'agit de Véronique Servat. Pour son premier article, elle nous fait découvrir une BD dans laquelle un dessinateur français raconte son séjour à Tôkyô.




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