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28 mai 2009

1963 : Dimanche sanglant à Birmingham, Alabama

[Le temple baptiste de la 16ème rue de Birmingham détruit après un attentat perpétré par le KKK.]

"En 1963, nous sommes en pleine bataille pour les droits civiques des Afro-américains dans une Amérique profondément ségréguée. Birmingham, la capitale économique de l'Alabama et la ville la plus peuplée de l'état, intéresse très tôt les mouvements pour les droits civiques, notamment la SCLC de Martin Luther King (MLK). En effet, cette ville constitue une citadelle de la ségrégation où les relations entre blancs et noirs s'avèrent particulièrement tendues. Les églises, les maisons des manifestants pour les droits civiques explosent la nuit et la police n'inquiète pas (ou feint de ne jamais retrouver) les poseurs de bombes qui agissent donc en toute impunité. Cette sinistre spécialité vaut d'ailleurs à la ville le surnom de Bombingham.

La chanson "Birmingham sunday", interprétée ici par une Joan Baez au meilleur de sa forme, revient sur cette violence raciste. Le morceau raconte le drame qui endeuille la ville le 15 septembre 1963. Ce jour là, trois membres du Ku Klux Klan placent 19 bâtons de dynamite dans le sous-sol du temple baptiste de la Seizième Rue, siège officieux du mouvement de Birmingham. Quatre jeunes filles – Addie Mae Collins, Carole Robertson, Cynthia Wesley et Denise McNair – décèdent dans l’attentat."

Lire la suite de l'article de Julien Blottière et écouter le morceau sur L'Histgeobox

27 mai 2009

Sur les pas des esclaves en fuite.... : "Go Down Moses"

"A partir du XVIII° siècle, l'évangélisation des esclaves se généralise. Or, comme le rappelle Gérard Herzaft: “Très rapidement, et probablement dès le début du XIX°, le chant religieux devint un des moyens d'expression privilégié (parce que bien sûr autorisé) du génie africain. Avec une considérable capacité d'adaptation, les esclaves noirs transformèrent les hymnes baptistes et méthodistes en ces chants religieux mêlant les origines africaine et européenne et qui se sont répandus dans le monde entier sous le nom de negro spirituals.”

Les Negro spirituals ont pour thèmes la rédemption, le triomphe de l'espoir sur la misère et la délivrance. Ces chants reflètent la foi profonde des Afro-américains et renferment parfois des messages cachés de résistance. La plupart des maîtres d’esclaves ne peuvent pas les comprendre, ou sont obligés de les tolérer, à l’instar d’un negro spiritual traditionnel du XIXème siècle, "Go down Moses", inspiré de l'Ancien Testament (Exode 5:1 et 8:1: “L'Éternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, et tu lui diras : Ainsi parle l'Éternel : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve.”). Les Noirs donnent en effet un sens très particulier aux thèmes puisés dans la Bible, en particulier l'Ancien Testament. Les récits des souffrances et des peines des Hébreux ont eu une résonance très profonde chez les esclaves noirs."

En étudiant le fameux "Go Down Moses", Julien Blottière évoque les nombreuses références cachées des Negro spirituals qui sont à l'origine de toutes les musiques afro-américaines, du Gospel au rap en passant par le blues et le jazz.

Lire la suite de cet article passionnant de Julien Blottière sur L'Histgeobox

23 mai 2009

Simon & Garfunkel nous chantent une berceuse... très engagée

[Manifestation houleuse des habitants blancs du nord-ouest de Chicago, le 7 août 1966. Ils s'en prennent violemment aux marches pacifiques menées par Martin Luther King depuis quelques jours dans la grande métropole américaine. MLK entend de son côté mettre en lumière la ségrégation implacable qui sévit dans les grandes villes américaines du nord.]

Que peut-on apprendre en écoutant une berceuse ? Pas grand chose pensez-vous. Et bien détrompez-vous ! Démonstration avec la chanson "7 O'Clock News-Silent Night" (Bulletin d'infos de 7h-Douce Nuit) enregistrée par Paul Simon et Art Garfunkel en 1966. En apparence, tout n'est que douceur, mais en arrière-plan, les nouvelles du 3 août 1966 sont égrenées par un journaliste. Liberté d'expression, criminalité dans toute sa banalité et sa sauvagerie, débats politiques et surtout lutte de Martin Luther King pour mettre fin à une ségrégation qui ne dit pas son nom, non pas celle du Sud, mais celle des villes industrielles du Nord comme Chicago. Tout cela constitue le décor de cette chanson.

Je vous invite donc à écouter ce titre et à lire l'ecellent article de Julien Blottière qui nous éclaire sur ce bulletin d'infos du 3 août 1966

22 mai 2009

Quelques nouveautés au rayon BD-Manga



Voici quelques BD et mangas récents qui ont attiré mon attention et dont je vous parle plus en détail sur Samarra. au programme, du rap newyorkais (à voir et à écouter), le Cambodge des Khmers rouges, la Guerre d'Algérie et un enfant dans la Shoah :

21 mai 2009

De la loi de 1920 aux débats des années 1960 : Le corps des femmes leur appartient-il ?

"Au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec la victoire du Bloc National, la France se dote d'une majorité très conservatrice (en 1919). Cette "Chambre bleu horizon" a une obsession nataliste. Il s'agit de repeupler le pays après l'hécatombe de la grande guerre. Pour les parlementaires, cette mission incombe aux femmes, qui doivent se montrer à la hauteur des sacrifices consentis par les hommes au cours du conflit, au cours duquel ils n'ont pas hésité à verser l'impôt du sang.

Cette chambre vote ainsi en 1920 une loi réprimant « la provocation à l'avortement et à la propagande anticonceptuelle ». Elle assimile la contraception à l’avortement. Toute propagande anticonceptionnelle est interdite.

Or, il faut attendre la fin des années cinquante pour déceler une timide évolution.En 1966, une chanson d'Antoine, "La loi de 1920", décrit un sinistre drame familial. Pour lui la responsable n'est autre que la loi de 1920."

Lire la suite de l'article de Julien Blottière et écouter le morceau sur L'Histgeobox

Retrouvez également un article sur le blog des premières consacré au rôle des femmes et des mères sous le régime de Vichy


[Affiche de propagande de 1943. Pour le régime de Vichy une femme ne peut s'accomplir pleinement qu'en tant que mère de famille. Après le traumatisme de la défaite, il s'agit même d'une tâche patriotique primordiale.]

20 mai 2009

La Guerre d'Algérie en BD : Tahya El-Djazaïr

Pour prolonger la matinée du 15 mai et l'intervention des deux auteurs de Tahya El-Djazaïr, je vous propose de retrouver des photos et des vidéos et l'article paru dans la presse sur le blog Maghreb-France.

Sur Samarra, retrouvez un compte-rendu rapide de l'ouvrage et un entretien-vidéo avec les deux auteurs.

Vous pouvez enfin parcourir les blogs respectifs de Laurent Galandon et A. Dan où vous pourrez constater que la rencontre avec les TS1 les a également beaucoup intéressé...

13 mai 2009

Dossier mis à jour : La Vème République depuis 1958

Dans ce dossier, des vidéos, des articles, des graphiques, des liens pour comprendre l'histoire de la Vème République, établie par le Général de Gaulle en 1958.




[Photo : le 13 mai 1958 à Alger]

11 mai 2009

Superwoman ?

Les enquêtes statistiques montrent les nombreux obstacles qui empêchent les femmes de mener harmonieusement de front vies familiale et professionnelle. Faut-il être une superwoman pour y arriver ?
La réponse en chanson avec "Superwoman" d'Alicia Keys.

Je vous propose de découvrir le clip avec une petite devinette géographique et d'écouter le reste de ma sélection de titres pour ce mois de mai sur Samarra (Olivia Ruiz, Oxmo Puccino, K'Naan, Beyoncé, Nas, Olu Dara, Junk Food, etc...).

09 mai 2009

Histoire et mémoires de l'esclavage

A l'occasion de la journée des mémoires de la traite négrière, des esclavages et de leurs abolitions, retrouvez le dossier de ce blog avec des chansons, des articles, des cartes, des liens, des documents pour apprendre et comprendre.



[Photo : le musicien béninois Sagbohan Danialou, auteur d'une chanson sur la Traite]

08 mai 2009

Quand Alpha Blondy chantait Houphouët-Boigny

Possession française depuis 1842, devenue protectorat en 1889, la Côte d'Ivoire est érigée en colonie autonome le 10 mars 1893. En 1904, elle intègre l'Afrique occidentale française (AOF) tout juste fondée.

Originaire du village de Yamoussoukro, au centre de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny devient médecin. Il représente un courant modéré du nationalisme. Il créé en 1946 le Rassemblement démocratique Africain (RDA, associé à l'UDSR, le parti de Mitterrand).

07 mai 2009

“J’entends parler du sida”

C'est en 1980 que les premiers cas, de ce que l'on n'appelle pas encore le sida, sont repérés à Los Angeles. Cinq patients sont atteints de violentes pneumopathies. Ils ont en commun d'être homosexuels et de se droguer. C'est la raison pour laquelle, certains ont voulu croire que le sida était l'affaire des gays. Dès 1983, on découvre que la transmission par voie sexuelle chez les hétéros est avérée. Cette maladie mortelle touche aussi les toxicomanes par injection, les hémophiles qui ont besoin de transfusions sanguines. Les scientifiques du monde entier entament alors des recherches sur ce mal qui fait de plus en plus de victimes. Le 20 mai 1983, l'équipe du professeur Montagnier, de l'institut Pasteur, identifie le nouveau virus. Simultanément, des chercheurs américains isolent le même virus que l'on nomme alors le VIH, virus d'ummunodéficience humaine. La maladie qu'il provoque sera appelée sida (syndrome d'immunodéficience acquise) à partir de 1985.

Julien Blottière nous fait découvrir sur Samarra les chansons que cette pandémie inspira.


06 mai 2009

Marcus Garvey, fondateur du Rastafarisme

"L’histoire du rastafarisme commence avec Marcus Mosiah Garvey, prophète noir qui acquit une certaine popularité dans le Harlem des années 20. Le culte de cette figure légendaire n’a pas cessé d’être célébré depuis par tous les reggaemen. Burning Spear lui consacra même deux albums entiers."

Lire l'article très instructif de Julien Blottière sur ce personnage méconnu et écouter le morceau sur L'Histgeobox


05 mai 2009

Histoire du Congo en musique (3) Les années Mobutu.

Nous vous avons à plusieurs reprises parlé du Congo sur Samarra et l'histgeobox. Et bien cela continue avec un très bon article de Julien Blottière qui nous explique comment le dictateur Mobutu utilise la musique au service de sa "politique d'authenticité".

"Le dictateur est en effet un grand amateur de musique et il admire profondément les intéprètes de la rumba congolaise. Il comprend très vite que la musique peut constituer un excellent outil de propagande politique (à l'instar de la Guinée de Touré ou le Ghana de NKrumah). Ainsi, il protège les artistes et les financent. Ces derniers chantent alors les louanges du chef suprême lors des cérémonies officielles et des déplacements du dictateur dans tout le pays. On vante les mérites du “rédempteur”, du “guide”, du “pacificateur”, du “bâtisseur”, du “créateur”, du timonier”, du “pharaon moderne”, du “guide clairvoyant”."


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