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30 janvier 2009

Des chiffres pour comprendre le monde

35 %

C'est la participation que devrait prendre le constructeur italien Fiat dans Chrysler. Vendu en 2007 par Daimler au fond Cerberus, le constructeur de Detroit est en grande difficulté. Il a ainsi été l'un des deux bénéficiaires avec General Motors (le n°1 aux États-Unis) du prêt accordé par le gouvernement américain en décembre. Réalisée dans le cadre d'une alliance industrielle, cette prise de participation ne coûte donc rien à Fiat (le groupe n'a d'ailleurs pas des perspectives tres brillantes). Elle permet à Fiat de mieux s'implanter sur le marché nord-américain et à Chrysler de diversifier son offre. Le numéro 3 américain est en effet peu présent sur le marché européen et produit peu de petits modèles. Nul doute que la crise, qui touche durement le secteur automobile, conduira à d'autres restructurations et rapprochements. Le numéro 1 mondial, le Japonais Toyota, vient ainsi d'annoncer les premières pertes de son histoire depuis 40 ans.


10 millions

C'est le nombre de travailleurs migrants intérieurs chinois (les mingong) qui auraient perdu leur emploi en 2008, à cause de la crise. Le conditionnele est de rigueur puisque ces migrants, origionaires des campagnes du centre et de l'ouest, ne sont pas enregistrés officiellement. Le passeport intérieur, le hukou (un exemple en photo ci-contre), les contraint normalement à ne s'installer dans une ville qu'avec l'autorisation des autorités. Ils sont pourtant les éléments indispensables du miracle économique chinois, peu payés et disponibles à volonté. Ils ne rentrente habituellement chez eux que rarement, le plus souvent à l'occasion du Nouvel An. Cette année, à l'occasion du début de l'année du buffle, la plupart ne devraient pas revenir dans les grandes villes à l'issue des festivités. D'autant plus que 2009 s'annonce difficile pour l'économie chinoise. Certaines études parlent de 50 millions de suppressions d'emploi pour ces travailleurs migrants.


12 000 £

C'est la somme proposée comme indemnisation à toutes les familles des 3500 victimes des 30 ans de conflit en Irlande du Nord. Elle est proposée par une commission consultative sur le passé. Le coût total est estimé à 300 millions de £ et comprend la création d'une commission de 5 ans chargée de favoriser la réconciliation (sur le modèle sud-africain).

Le seul problème, c'est que tout le monde est concerné. Les familles de victimes comme celles des terroristes, des paramilitaires, des policiers et des militaires tués. Un exemple suffit à démontrer la complexité du problème. La famille d'un poseur de bombe tué lors de son attentat reçevrait la même somme que les familles des victimes...

Ce débat pose la question de la sortie d'un conflit. Doit-on privilégier l'oubli et le pardon pour permettre la paix ? Les exemples sont nombreux des différentes approches de cette question. La commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud a tenté de trouver un compromis entre reconnaissance des crimes et réconciliation (l'aveu complet pouvait signifier l'abandon despoursuites pour les criminels au service du régime d'Apartheid). En Espagne, le régime franquiste a recouvert d'une chape de plomb les crimes de la guerre civile (1936-1939) et le retour de la démocratie à partir de 1975 n' a pas fondamentalement changé cette approche. Mais les revendications mémorielles n'ont pas pour autant disparu et ressurgissent depuis quelques années.


En tout cas, la présentation de ce rapport a ranimé quelques tensions comme en témoigne cette photographie de deux hommes en pleine discussion très animée lors de la conférence de presse de présentation du projet. [Photo 1 : l'une des nombreuses fresques murales que l'on trouve en Iralnde du Nord à la gloire des combattants ou, ici, des militants pour les droits civiques. Celle-ci se trouve à Derry, lieu de l'un des évènements les plus sombres du conflit : le massacre de 14 militants pacifiques des droits de l'homme par les parachutistes britanniques au cours d'une manifestation en 1972. Voir le dossier du Guardian]



819 milliards de $


C'est finalement le montant du plan de relance proposé par le Président Obama et approuvé par la Chambre des Représentants. Il prévoit des aides aux pauvres et aux chômeurs, notamment pour l'assurance santé, le financement de grands travaux (autoroutes, ponts, ...), l'amélioration des bourses scolaires et des aides aux écoles, des améliorations dans le domaine énergétique, des réductions d'impôt pour les catégories imposables les plus pauvres et quelques aides pour les entreprises. Ce plan comporte une dimension protectionniste puisque les nouvelles infrastructures devront être réalisées avec de l'acier produit aux Etats-Unis, de même que les uniformes des fonctionnaires américains...



29 janvier 2009

Obama sera-t-il le président du Soft Power ?

Et bien vous avez tout faux ! 50% des réponses au sondage donnaient "America" comme mot le plus utilisé.

Le mot le plus souvent utilisé par Barack Obama lors de son discours d'investiture était "nation" (15 fois) devant "America" (9 fois), "people" (8 fois) et " work" (7 fois). En 2005, le mot le plus utilisé par Georges W. Bush était "freedom" (27 fois), mais en 2001, comme Obama, il s'agissait de "nation"(13 fois), tout comme son père en 1989, Carter en 1977, Johnson en 1965, Eisenhower en 1957, Truman en 1949. Roosevelt insistait en 1945 sur la "paix", en 1941 sur "nation", en 1937 sur "gouvernement" et en 1933 sur "national". Seuls Lincoln en 1865 (guerre civile) et Madison en 1813 (guerre contre le Royaume-Uni) utilisent le plus souvent le mot "guerre". Lors de ses deux inaugurations en 1981 et 1985, le mot le plus utilisé par le républicain Ronald Reagan était "gouvernement" (un grand classique des inaugurations du XIXème siècle), mais il s'agissait plutôt de le critiquer, avec cette fameuse phrase en 1981 : "The government is not the solution, government is the problem". On peut d'ailleurs voir à la fois un héritage de cette formule et une critique de son peu de nuances dans une phrase prononcée par Obama : "La question aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement [plutôt dans le sens d'Etat] est trop gros ou trop petit, mais est-ce qu'il marche."

[dessin de David Fitzsimmons]

Sur l'économie, le discours d'Obama n'est pas particulièrement audacieux, au risque de décevoir certains. Ainsi, le Prix Nobel d'économie Paul Krugman qui, dans sa chronique du New York Times a écrit sa déception de ne voir aucune référence à un éventuel système d'assurance universelle.

Bon, d'accord cet exercice a ses limites, mais il est un bon indicateur des préoccupations du moment et des intentions des nouveaux présidents. L'analyse des discours sur l'état de l'Union, fait en janvier également, est également intéressante. Ainsi en 2008, le mot le plus utilisé par Bush était Irak.

[dessin de Jeff Parker]

Mais revenons à Obama, son discours n'était sans doute pas l'un de ses meilleurs, pas trop d'envolées lyriques, pas de formules à la Kennedy, mais plutôt un certain réalisme et une volonté de rupture avec l'ère Bush. Dans ce sens, je relève au moins deux phrases : "We will restore science to its rightful place" (Nous remettrons la science à sa juste place") et "we reject as false the choice between our safety and our ideals" (Nous rejetons comme éronés le choix entre notre sécurité et nos idéaux).

Intéressons-nous justement à ce dernier aspect. C'est le sens de la question que j'ai choisie comme titre pour ce message : Obama sera-t-il le président du Soft Power ?

En novembre 2007, je posais sur ce blog une question similaire en expliquant ce que signifiait ce terme de soft power. Rappelons tout d'abord une évidence, Obama est président des Etats-Unis et à ce titre, il va certainement défendre en premier les intérêts de son pays, on ne lui en voudra pas pour cela. Reste la méthode. Son parcours "global", son ouverture d'esprit et son pragmatisme le rendent nécessairement moins entêté que son prédécesseur dans son rapport au monde. Nul doute que l'unilatéralisme de l'administration Bush laissera la place à un multilatéralisme mesuré. C'est en tout cas la volonté affichée. Les premières décisions de politique étrangère du 44ème président sont des signes encourageants dans cette direction :

[Guantanamo, source : GeoEye/AP]

  • La fermeture annoncée de la prison de Guantanamo (le fameux "camp delta"), même si elle s'avère plus compliquée que prévue, était une mesure très attendue. Reste à savoir ce qu'il faut faire de ses prisonniers. Certains seront jugés aux États-Unis. D'autres ne peuvent être ni poursuivis ni extradés (enquêtes invalides car ayant utilisé la torture, si si maintenant c'est officiel, le waterboarding en fait bien partie..., impossibilté d'extradition vers certains pays d'origine des détenus). Le cas récent d'un ancien détenu devenu numéro 2 d'Al-Qaïda au Yémen suscite des craintes. Nul doute que les anciens de l'administration Bush ne manqueront pas de s'emparer de tels cas pour continuer à justifier l'utilisation de la torture et l'emprisonnement sans jugement. Enfin, signalons qu'une prison parfois jugée pire que Guantanamo par les militaires américains eux-mêmes existe toujours à Bagram en Afghanistan et compte 600 prisonniers...
  • Les nominations de deux diplomates chevronnés comme envoyés spéciaux du président au Proche-Orient et pour le Pakistan et l'Afghanistan. Georges Mitchell, qui s'occupera du Proche-orient, a joué un rôle capital dans l'établissement d'un accord de paix en Irlande du Nord en 1998 et Richard Holbrooke, pour le Pakistan et l'Afghanistan, était l'homme-clé des accords de Dayton qui ont mis fin (de manière insatisfaisante mais réelle) aux conflits en Croatie et en Bosnie en 1995. Le message est donc clair : aucun conflit n'est impossible à résoudre et la seule méthode est la discussion, le soft power plutôt que le hard power ! Difficile en effet à certaines époques d'imaginer une sortie de crise en Irlande du Nord et en Bosnie. Cela ne veut certes pas dire que la réussite est au bout du chemin. On ne résout pas le conflit israélo-palestinien qui dure depuis plus de 60 ans facilement...
  • La décision de fixer des limitations aux émissions de gaz polluants par les voitures. Bush avait empêché la Californie et 13 autres Etats d'imposer des règles plus strictes que les règles fédérales. Obama souhaite plutôt s'aligner sur les mieux-disant en la matière. La nomination comme chargé des questions environnementales à la Maison Blanche de l'ancien négociateur américain du protocole de Kyoto (que les Etats-Unis avaient signé mais pas ratifié) est un signe encourageant de la nouvelle approche de l'administration Obama sur les questions d'environnement.
Ma source pour les occurences des mots utilisés lors des inaugurations (non, je ne les ai pas toutes compilées moi-même...). Les aspects musicaux de l'investiture sur Samarra.

28 janvier 2009

Ouverture du premier procès devant la Cour Pénale Internationale


Qu'est-ce que la Cour Pénale Internationale ?

Il s'agit d'un tribunal pénal international, qui siège à La Haye au Pays-Bas. Il a pour fonction de se substituer aux États, dans le cas où ceux-ci n'assureraient pas le jugement des crimes les plus graves. Ces crimes sont le génocide, le crime contre l'humanité et le crime de guerre.
Pour que la cour se saisisse d'une affaire, il faut que le pays où a été commis le crime soit signataire du traité créant la CPI (à Rome en 1997) ou que le Conseil de sécurité de l'ONU l'autorise à examiner un cas dans un pays non-signataire. Or le conseil de sécurité compte parmi ses membres permanents les plus importants des pays qui n'ont pas ratifié ce traité. Il s'agit de la Russie, de la Chine et, bien sûr, des Etats-Unis. Ces derniers ont même passé des accords avec une centaine de pays visant à protéger les ressortissants américains de toute poursuite devant la CPI (cf. carte ci-dessus, Atelier de cartographie de Sc. Po.).

La Cour pénale internationale est entrée en fonction en 2002. Contrairement aux tribunaux pénaux créés auparavant (Nuremberg, Tokyo, Yugoslavie, Rwanda, Sierra Leone), elle n'est pas provisoire mais permanente et a une compétence universelle.

Ses points faibles, outre l'absence de nombreux pays (ceux déjà cités plus Israël, la plupart des pays arabes sauf la Jordanie, l'Iran, l'Inde et beaucoup d'autres), l'absence de forces de police capables de l'aider à mener à bien les enquêtes. Comme les tribunaux spéciaux, la CPI dépend du bon vouloir des Etats. Son existence et l'ouverture d'un premier procès sont déjà des exploits.
Pour l'instant, quatre procédures ont été ouvertes par le procureur, l'Argentin Luis Moreno Ocampo qui a permis quatre arrestations et douze mandats d'arrêt. Elles concernent toutes des pays africains : l'Ouganda (contre le chef de la LRA Joseph Kony), la Centrafrique (à l'encontre de l'ancien chef de guerre congolais Jean-Pierre Bemba), le Soudan (elle vise notamment le chef de l'Etat à propos du Darfour) et enfin la République Démocratique du Congo.


Qui est Thomas Lubanga ?

La RD Congo est au coeur des différentes enquêtes en cours de la CPI. Même celles qui portent sur les pays voisins concernent la RDC. Jean-Pierre Bemba, mis en accusation pour des faits commis en Centrafrique, a mené une rébellion dans le Nord du Congo au cours de la deuxième guerre du Congo. Joseph Kony, leader illuminé d'une rébellion dans le Nord de l'Ouganda, commet actuellement des exactions contre les civils dans le Nord de la RDC qui a conduit l'armée ougandaise, avec l'accord du gouvernement de Kinshasa, à mener des actions contre lui depuis le début de cette année.

Mais le procès qui vient de s'ouvrir concerne directement la RDC. L'accusé est Thomas Lubanga, [photo ci-dessus à La Haye] il est jugé pour des crimes de guerre commis en 2002 et 2003 et a été arrêté à Kinshasa en 2005. Ses crimes : Avoir enrôlé de nombreux enfants-soldat dans son mouvement. Ils auraient constitué jusqu'à 30% des effectifs du Front Patriotique de Libération du Congo, branche armée de l'Union de Patriotes Congolais, un des nombreux mouvements armé qui a semé la terreur dans la province de l'Ituri au début de la décennie. Des vidéos le montrent en présence de ces enfants. Parmi eux, de nombreuses filles qui ont également servi d'esclaves sexuelles, rappelant la situation de nombreuses femmes asiatiques pendant la Seconde Guerre mondiale.[photo ci-dessous, Lubanga en 2003]

Un temps soutenu par l'Ouganda et le Rwanda, la rébellion de Lubanga avait participé aux combats qui ont déchiré l'Ituri, province de l'est du Congo riche en matières premières (notamment l'or et le coltan) et qui ont fait plus de 60 000 morts. Une opération menée par l'UE en 2003 (Artémis) avait tenté de mettre fin au conflit.

Retrouvez l'histoire du Congo en musique, et des chansons qui dénoncent le sort réservé aux enfants-soldat sur Samarra.

26 janvier 2009

L'histoire du Congo en musique : de Léopold à Kabila


Voici, à travers quatres titres étudiés sur l'histgeobox, l'histoire contemporaine du Congo-Kinshasa depuis la colonisation.

[image : le rappeur Baloji]

24 janvier 2009

Le génocide de 1994 au Rwanda et ses suites

[photo : James Natchwey]


Le génocide de 1994

Retour sur le génocide de 1994, ses origines, son déroulement avec deux entretiens, des lectures (livres, BD) et de la musique, une chronologie.



Les métastases du génocide de 1994 à aujourd'hui

La difficile justice

Le tribunal pénal international créé pour juger les principaux responsables du génocide au Rwanda a, comme son prédécesseur en Yougoslavie, eu du mal à mener à bien son travail. En décembre 2008, le TPIR basé à Arusha (Tanzanie) a néanmoins rendu l'une de ses décisions les plus importantes en condamnant Téhoneste Bagosora (ci-contre au TPIR) à la prison à vie pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
En 1994, Bagosora est directeur de cabinet au ministère de la défense du Rwanda. Il est condamné pour être parmi ceux qui ont organisé les premiers massacres, notamment celui de l'ancien Première Ministre Agathe Uwilingiyimana, hutue modérée, considérée comme un obstacle aux projets génocidaires du "Hutu Power" contre les tutsis et celui de 10 casques bleus belges.
Déception cependant, les juges n'ont pas retenu l'accusation "d'entente en vue de commettre un génocide" à l'encontre de Bagosora et des autres accusés, laissant ainsi de côté l'un des aspects essentiels des évènements d'avril 1994. [Ma source principale]


Les guerres du Congo, conséquences de 1994

La situation politique au Rwanda s'est beaucoup améliorée depuis 1994 même si le régime de Paul Kagamé est parfois accusé d'autoritarisme. En revanche la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) n'en finit pas de souffrir des suites des évènements de 1994. Quelques explications :

La plupart des génocidaires (notamment certains Interahamwe) a réussi à s'enfuir dans le pays voisin, fuite sans doute facilitée par l'opération humanitaire Turquoise menée par les militaires français en juin 1994 au Rwanda. Dès lors, le nouveau régime rwandais n'a eu de cesse de traquer les hutus congolais. Pour ce faire, le FPR de Kagamé n'a pas hésité à plusieurs reprises à aider des rebelles congolais, le plus souvent tutsis (des tutsis, les Banyamulenge, sont installés depuis longtemps dans l'est du Congo). En 1996, c'est ainsi que le mouvement de Laurent-Désiré Kabila réussit en quelques mois une percée spectaculaire qui le conduit jusqu'à Kinshasa la capitale. Au passage, de nombreux hutus sont massacrés par les troupes rwandaises qui portent Kabila au pouvoir en mai 1997 à la place du vieux Mobutu qui s'enfuit. Le Zaïre redevient la République démocratique du Congo.

Mais Kabila trouve rapidement ses parrains encombrants et rompt avec eux en 1998 en renvoyant son chef-d'état major, le Rwandais James Kabarebe. La guerre reprend donc dans l'est du Congo. Cette guerre prend une dimension continentale avec l'intervention de troupes ougandaises et rwandaises d'un côté, zimbabwéennes, tchadiennes, namibiennes et angolaises derrière Kabila. Alliés d'hier, Ougandais et Rwandais finissent même par s'affronter en 1999 autour de Kisangani, semble-t-il pour le partage des richesses. Il faut dire que le Congo regorge de ressources naturelles dont l'occident, et pourquoi pas la Chine, ont grand besoin : Zinc, diamants, Cobalt et Colombo-Tantalite (ou Coltan, utilisé dans les téléphhones portables). C'est l'atout du pays et son plus grand drame.... Le pays est alors coupé en trois : Au Nord, une zone contrôlée par l'Ouganda et les mouvements rebelles qu'il aide, à l'Est, le territoire contrôlé par le Rwanda et à l'Ouest, la zone contrôlée par le gouvernement.

[La RDC en 2003,Wikipedia]

Kabila est assassiné en janvier 2001 dans des conditions encore non éclaircies. Son "fils" Joseph lui succède alors (Laurent-Désiré et Joseph Kabila en photo ci-dessus). Après quelques années au cours desquelles la guerre se poursuit, notamment avec Jean-Pierre Bemba, au nord la paix est signée en 2002. Plus de 4 millions de personnes ont perdu la vie, directement ou indirectement (maladies, malnutrition) dans ce conflit. A partir de 2003, une transition et un processus démocratique sont mis en oeuvre qui aboutissent à l'élection de Joseph Kabila en 2006. Les différentes milices doivent s'intégrer à l'armée nationales.

Mais la guerre n'a pas complètement disparu dans l'est du pays, notamment en Ituri où intervient une force européenne en 2003 (Opération Artémis). Au Kivu, province limitrophe du Rwanda, le général Laurent Nkunda (photo ci-contre), un tutsi congolais, refuse de reconnaître le gouvernement de Kabila et, soutenu par le Rwanda, entretient des troubles dans l'Est. Accusé de nombreux crimes de guerre, notamment contre les civils, il vient finalement d'être lâché par son ancien allié rwandais dans un retournement spectaculaire. Il amême été arrêté au Rwanda et pourrait être extradé à Kinshasa....

Les gouvernements congolais et rwandais se sont en effet mis d'acccord pour que des troupes rwandaises puissent travailler avec les troupes congolaises pour lutter efficacement contre ce qui reste desgénocidaires de 1994 (les forces démocratiques de libération du Rwanda). C'est un changement considérable qui pourrait signifier la fin d'une décennie d'affrontements dont les premières victimes ont été les populations civiles.
La même stratégie semble fonctionner avec l'ancien ennemi ougandais puisqu'avec l'accord de Kabila, des troupes ougandaises vont pouvoir poursuivre le mouvement rebelle de la Lord Resistance Army (Armée de résistance du Seigneur du sanglant et illuminé Joseph Kony) qui a massacré de nombreux civils en décembre.

Un semblant d'espoir est donc permis puisque les Etats voisins choisissent apparemment de travailler ensemble plutôt que d'entretenir des mouvements rebelles chez leurs voisins.

Pour remonter plus loin dans le temps et en apprendre plus sur l'histoire du Congo en musique, voici plusieurs articles écrits par Julien Blottière ou moi-même sur l'histgeobox :
Du Congo au Zaïre de Mobutu et retour....


22 janvier 2009

Hommage à Georges Bush...


En guise d'hommage à Georges W. Bush, voici quelques uns des "Bushisms", ces phrases dont la syntaxe ou le sens peuvent contrevenir aux règles les plus élémentaires. Je vous les laisse en anglais pour les apprécier davantage. Rien que la première vaut déjà le détour. La carte ci-dessus, dont je ne connais pas l'auteur, est une carte mentale du monde selon Bush. Il s'agit évidemment d'une caricature, mais il y a quand même du vrai. A comparer avec une autre vision très manichéenne, celle de Ronald Reagan.


'The vast majority of our imports come from outside the country.'

'If we don't succeed, we run the risk of failure.'

'One word sums up probably the responsibility of any Governor, and that one word is 'to be prepared'.'

'I have made good judgments in the past. I have made good judgments in the future.'

'The future will be better tomorrow.'

'We're going to have the best educated American people in the world.'

'I stand by all the misstatements that I've made.'

'We have a firm commitment to NATO, we are a part of NATO. We have a firm commitment to Europe . We are a part of Europe '

'Public speaking is very easy.'

'A low voter turnout is an indication of fewer people going to the polls.'

'I have opinions of my own -- strong opinions -- but I don't always agree with them.'

'We are ready for any unforeseen event that may or may not occur.'

'For NASA, space is still a high priority.'

'Quite frankly, teachers are the only profession that teach our children.'

'It isn't pollution that's harming the environment. It's the impurities in our air and water that are doing it.'

[Merci à Nicolas pour ce petit rappel]

20 janvier 2009

Inauguration Day !

Il ne vous aura pas échappé que Barack Obama doît être officiellement investi 44ème président des Etats-Unis aujourd'hui. La cérémonie débute à 11h30 (17h30 heure française, vous pourrez la suivre en direct sur internet ou à la télévision. Voyez tous les détails de la cérémonie, de la parade qui va suivre et des bals organisés ensuite... Je vous parle plus en détail de l'aspect musical de cette inauguration sur Samarra. En espérant qu'Obama n'aura pas besoin de Spiderman aujourd'hui...


A cette occasion, retour sur une investiture qui a marqué les esprits, celle de J. F. Kennedy en janvier 1961.

"Ask not what your country can do for you...but what you can do for your country". Cette fameuse formule a été lancée par Kennedy lors de son discours d'investiture de janvier 1961 (Elle a d'ailleurs été reprise dans la dernière campagne présidentielle française...). Il s'adresse ensuite "à ses concitoyens du monde " : "ne vous demandez pas ce que l'Amérique peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que, ensemble, nous pouvons faire pour la liberté de l'homme". Précisons que cette formule doit beaucoup à une phrase prononcée par le juge de la Cour suprême Oliver Wendell Holmes Jr. lors du Memorial Day de 1884.
C'est également au cours de ce discours qu'il a démarré sa politique de la New Frontier (Nouvelle frontière), à la fois technologique (la conquête spatiale, après le retard pris sur les Soviétiques). Lyndon B. Johnson prolongera cette politique avec son projet de Great Society, en luttant contre la pauvreté et les discriminations. Mais ce projet sera compliqué par les dépenses importantes engagées pour la guerre du Vietnam.

Un quizz sur Kennedy.

Voyez ci-dessous le discours de Kennedy. Il prête d'abord serment devant le chef de la Cour Suprême puis présente son programme. Il a alors à sa droite le président sortant, le républicain Dwight L. Eisenhower et à sa gauche le Vice-Président Lyndon B. Johnson. (La fameuse phrase est prononcée à partir de la 4ème minute de la deuxième partie).

Première partie :



Deuxième partie :



19 janvier 2009

L'Irlande est-elle toujours le "Tigre celtique" ?

En annonçant la suppression de 1900 emplois dans son usine de Limerick, Dell symbolise les malheurs actuels de l'Irlande. Retour sur l'origine des succès irlandais et sur la firme multinationale Dell. C'est à lire sur le blog des premières :



[photo : le pub de Dublin Doheny & Nesbit, là où tout a commencé...]

15 janvier 2009

Quel est ce lieu ?

Quel est ce lieu photographié le 1er janvier 2009 par le satellite GeoEye ?
Votre réponse en commentaire à ce message.


[source : GeoEye/AP]

14 janvier 2009

Le dessin : de 2008 à 2009...


[Caricature parue dans The Economist]

Lire-écouter-voir devient Samarra !


Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

13 janvier 2009

Dossier mis à jour : La Guerre froide


Le dossier sur la guerre froide a été mis à jour. Vous pouvez y retrouver la chronologie interactive de 1947 à 1991 avec des liens vers des documents, des cartes, des vidéos (c'est la page la plus consultée du blog depuis 2005 !). Retrouvez également tous les articles anciens ou récents consacrés à cette période.


[Photo : Rencontre entre les deux "K", Kennedy et Khrouchtchev, à Vienne en 1961]

11 janvier 2009

Message musical à l’attention des dictateurs africains...

Mugabe, le dictateur du Zimbabwe, au pouvoir depuis 1980

"Le morceau "Quitte le pouvoir" de Tiken Jah Fakoly évoque le sort tristement commun à de nombreux pays africains, englués dans des régimes autoritaires, souvent très durs. Sans nommer quelqu'un en particulier, le chanteur s'adresse aux dictateurs en général. Le message reste malheureusement tristement d'actualité comme le prouve la situation de la Guinée-Conakry."

Dans son excellent article, Julien Blottière nous donne quelques exemples passés (Bokassa, Idi Amin Dada) ou présents (Mugabe) en retraçant l'histoire récente de la Guinée depuis l'époque de Sékou Touré.

Lire la suite de l'article et écouter le morceau sur L'Histgeobox.


09 janvier 2009

Le tour du monde en quelques chiffres

82,06 millions

C'est le chiffre de la population allemande fin 2008 ce qui représente une baisse de 0,2 % en un an. C'est un recul plus important que celui des années précédentes. Le solde migratoire, qui compensait en partie le solde naturel négatif, a été quasiment nul en 2008 après avoir atteint des sommets dans les années 1990.

Depuis 2003, la population de l'Allemagne diminue. Depuis la réunification en 1990, le nombre de décès a toujours été supérieur à celui des naissances (voyez le graphique ci-dessus).
Selon les projections de l'Office fédéral des statistiques allemand, la population allemande ne serait plus que de 68 à 73 millions en 2050 soit au même niveau que la France à cette date. Rappelons que la France compte en 2008 plus de 63 millions d'habitants.

34 %
C'est le pourcentage de Français qui font confiance à Internet comme source d'information. Ce chiffre est en constante augmentation (23% en 2004, 30% en 2007), même si le média qui inspire le plus confiance comme source d'information reste la radio (58%) devant les journaux (52%) et la télévision (48%). C'est le résultat de l'enquête annuelle sur la crédibilité des médias réalisé par TNS-Sofres-Logica pour LaCroix. Retrouvez des résultats détaillés sur le site du quotidien. On y apprend par exemple que 61 % des personnes interrogées estiment que les médias n'ont pas assez parlé des émeutes de la faim dans plusieurs pays en développement. Par contre, 67% pensent que l'on a trop parlé de la grossesse de Rachida Dati...

1 200 000 000 000
C'est, en dollars, le déficit prévu du budget fédéral américain pour 2009. Le déficit budgétaire américain atteignait déjà sous Bush des sommets, mais le plan de relance annoncé par Obama (au moins 800 milliards de dollars) conjugué à la baisse des recettes habituelle en période de récession le portent à des records.
Autre chiffre, celui du nombre de chômeurs qui est en décembre de plus de 11 millions soit un taux de 7,5 %, du jamais vu depuis 16 ans. En décembre le nombre de chômeurs a augmenté de 524 000 et de 2,6 millions en un an. A propos, vous connaissez la différence entre déficit public, dette publique et déficit commercial ? La réponse ici.
[source du graphique, NYT]

1/7
C'est la part de son PIB que la Chine a consacré à l'achat de bons du trésor, essentiellement américains, depuis 5 ans. L'épargne chinoise et les recettes dues aux faramineuses exportations chinoises expliquent l'importance de ces placements. Mais les difficultés propres au pays pourraient réduire considérablement ces placements ce qui pourrait avoir des effets à la hausse sur les taux d'intérêt aux Etats-Unis. La dépendance des Etats-Unis vis-à vis des épargnants étrangers (Japonais puis Chinois) a été dénoncé comme en partie responsable de la création d'une bulle immobilière.

66%
C'est la part de l'alimentation dans le budget des ménages à Gaza en 2008. Bouclé depuis quelques mois par l'armée israélienne et géré depuis 2007 par le Hamas, le territoire est l'un des plus denses au monde et aussi l'un des plus pauvres. Le taux de pauvreté y est en effet de 51,8% (contre 19% en Cisjordanie). Ceux qui ont déjà fait des sciences sociales savent que la part des revenus consacrée à l'alimentation est d'autant plus faible que le revenu est élevé. C'est l'une des lois d'Engel. La destruction des infrastructures ne devrait pas améliorer cette situation... Voir le rapport du CICR de 2006.
[photo ci-contre : Enfant près d'un cratère laissé par un bombardement en 2006 à Gaza ville; source : UNICEF]

50,23%
C'est le résultat obtenu au deuxième tour du scrutin présidentiel au Ghana par le candidat de l'opposition John Atta-Mills contre son adversaire du parti du président sortant. Exception en Afrique, c'est la deuxième fois en huit ans qu'une alternance démocratique a lieu dans ce pays du Golfe de Guinée. Le nouveau président a prêté serment le 7 janvier. Il remplace John Kufuor qui soutenait son adversaire. En savoir plus.

L'image : 5 présidents des Etats-Unis à la Maison Blanche

Bon, sur cette photo prise cette semaine dans le bureau ovale de la Maison Blanche, vous avez reconnu Georges W. Bush, président pour quelques jours encore et Barack H. Obama, président à partir du 20 janvier. Mais les autres ? Allez, petit exercice. Dîtes-moi qui est qui en précisant les dates de mandat et le parti politique. Il y a tous les présidents des États-Unis depuis 1977. Il n'en manque qu'un. Lequel ?

Donnez vos réponses en commentaire à ce message.

[Photo : Eric Draper]

06 janvier 2009

Le dossier du mois : Comprendre l'histoire du Moyen Orient

L'actualité de ce début d'année est à nouveau centrée sur le Proche-Orient avec la guerre qui oppose l'armée israélienne au Hamas dans la bande de Gaza. Pour comprendre les enjeux de ces évènements, je vous invite à consulter le dossier sur l'histoire du Moyen Orient au XXème siècle (ISraël, Palestine, Liban, Iran, Irak, Egypte,...). Vous y trouverez des cartes, une chronologie interactive, des explications sur des évènements importants, un entretien avec un historien et des liens pour comprendre l'histoire complexe de cette région.


04 janvier 2009

Quoi de neuf en 2009 ?

L'an dernier, je commençais l'année en souhaitant que chacun prenne conscience du racisme de notre société. J'avais peu d'espoir que le racisme et la complaisance qu'il suscite disparaissent et je ne me suis pas trompé... C'est en tout cas ce qu'ont montré les chiffres et cette triste affaire dont Abdeslam Ouaddou a été victime. La chanson n'y changera malheureusement pas grand chose.

Donc cette année, pas de souhait, juste une caricature et un proverbe ukrainien.


Le dessin est de Chapatte, qui crayonne toujours aussi juste. (Un peu d'anglais pour démarrer l'année :Give up ?)

Voici le proverbe, il nous vient d'Ukraine, un jeune pays privé de gaz encore cette année par son grand voisin russe :

"Quand le drapeau est déployé, toute la raison est dans la trompette"...

Ah au fait, j'oubliais : Bonne année à tous !


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