Un blog pour apprendre et comprendre le monde contemporain

Outils du blog : Recherche thématique : histoire et géographie/Dossiers histoire et géographie/Fonds de carte/Croquis de géographie

Recevoir la Newsletter/Télécharger les podcasts

Pour aller plus loin avec des livres, de la musique, des BD, des mangas, des films, de la peinture, rendez-vous sur Samarra/ Le programme en musique sur l'Histgeobox /

29 novembre 2008

Pillage et Cie....


Cette semaine sur Lire-écouter-voir, vous devez reconnaître les chanteurs de chansons qui parlent du pillage des ressources des pays du Sud, en particulier en Afrique.

Pour jouer, c'est par ici !

28 novembre 2008

La musique comme outil de propagande dans la Guinée de Sékou Touré.

J.F. Kennedy et Sékou Touré

La Guinée accède à l'indépendance en 1958. Aussitôt, son leader, Sékou Touré, utilise la musique comme vecteur de l'affirmation nationale et de valorisation de la culture du pays. Le dirigeant de la Guinée crée alors des dizaines d'orchestres subventionnés. Une gigantesque industrie musicale étatisée se met en place. Or, au cours des années 1960 et1970, la Guinée devient le phare de la création musicale en Afrique, à la croisée de la tradition et de la modernité.

Carte de la piraterie dans le monde


La question de la piraterie maritime est revenue sur le devant de la scène cette année avec l'augmentation des abordages au large de la Somalie, État en déliquescence depuis 1990. Voyez ci-dessus une image satellite du supertanker saoudien Sirius Star au large des côtes? au main de pirates depuis 13 jours [source].

Les actes de piraterie ont en effet considérablement augmenté dans le secteur de la mer d'Oman et du Golfe d'Aden depuis 2005. En nombre d'actes, la zone a ainsi dépassé les zones traditionnelles de piraterie comme le détroit de Malacca, voie de passage stratégique du pétrole du Moyen Orient vers l'Asie orientale entre Indonésie, Malaisie et Singapour où de nombreuses îles constituent des caches très commodes pour les pirates. C'est aussi l'un des axes majeurs du transport maritime de conteneurs entre l'Asie et l'Europe.


La Chambre internationale de Commerce entretient un site internet qui établit un rapport hebdomadaire des actes de piraterie et des cartes annuelles qui donnent la date de l'abordage et le type de navire. Voyez l'évolution de la géographie de ces actes en consultant les cartes de 2005, 2006, 2007 et 2008.

Sur le site d'Arte, des informations sur la piraterie maritime, notamment dans le détroit de Malacca. Les cartes d'un numéro du Dessous des cartes consacré à la "Nouvelle piraterie".

Le modèle américain en musique


Nous allons aujourd'hui explorer quelques titres des années 1950 aux années 1980 qui vont vous permettre d'approfondir certains aspects du modèle américain. Nous allons pour cela utiliser l'histgeobox où vous trouvez des titres en rapport avec le programme d'histoire-géo analysés par des professeurs. Les articles sur les titres étudiés aujourd'hui sont de Julien Blottière, Richard Tribouilloy et moi-même. Munissez-vous de vos écouteurs, de quoi écrire pour remplir le tableau que je vous fournis et ouvrez grand vos oreilles !

Vous allez pour chaque titre écouter (en vidéo et/ou sur deezer) puis lire les paroles qui se trouvent dans chaque article.
Voici les titres (faîtes un clic droit pour pouvoir revenir plus facilement à cette page) :



Pour prolonger ce travail, vous pourrez consulter le dossier Lire-écouter-voir sur le modèle américain (musique, livres, BD, mangas, peintures, films,...)

25 novembre 2008

Alabama, Charley Patton, Randy Newman : voyage dans le sud des Etats-Unis en musique

J. Blottière nous emmène dans le Sud des États-Unis sur les traces de l'esclavage et de la ségrégation avec deux chansons et un portrait.

20 novembre 2008

Crise automobile : le Michigan au bord du gouffre

Si la métropole de Chicago (Illinois) a le vent en poupe depuis l'élection de son champion à la présidence, il n'en est pas de même de l'autre côté du lac Michigan. L'Etat du Michigan, dont la principale agglomération est Detroit, souffre en effet des conséquences de la crise des subprimes et de la quasi-faillite de l'industrie automobile américaine.


Cet état est en effet le berceau de l'industrie automobile américaine. Les "Big three" (Ford créé en 1899, General Motors et Chrysler) y ont bâti leur empire tout au long du XXème siècle, notamment dans les villes de Detroit et Flint. Les usines Ford y ont produit jusqu'à une Ford-T toutes les 10 secondes, soit plus de 15 millions de véhicules en deux décénnies jusqu'en 1927. Le fameux T-Model a inspiré le bluesman Lightnin' Hopkins :

Découvrez Lightnin' Hopkins!


Mais la crise de cette industrie a fait de cette partie de la manufacturing belt une rust belt (ceinture de la rouille). Les constructeurs américains, d'année en année, ont perdu des parts de marché, y compris aux Etats-Unis. GM est dorénavant devancé au niveau mondial par Toyota. Chrysler vient d'être revendu par Daimler et Ford connaît également des difficultés. Ces géants entrainent avec eux une cascade de sous-traitants, comme l'entreprise Delphi, très importante, à Flint notamment. Manque de compétitivité (graphiques ci-contre, Le Monde), problème du financement de la protection sociale et des retraites à la charge des entreprises (graphique ci-dessus, Guardian) ont conduit à la réduction drastique des effectifs depuis les années 1980. Pour tout l'Etat du Michigan, le nombre de travailleurs dans l'automobile est passé de 90 000 en 2001 à 58 5000 en 2007. Si l'on y ajoute les autres salariés liés au secteur (pièces), la perte d'emplois sur la même période s'élève à 106 200. Un exemple, la ville de Pontiac (qui a donné son nom à une des nombreuses marques du groupe GM), qui comptait auparavant 13 000 actifs dans l'automobile n'en compte plus que 3000 pour 14 000 retraités. Nous sommes donc bien dans cette Amérique victime de la mondialisation que l'on pourrait opposer à l'Amérique des technopôles comme la Silicon Valley, la Route 128 près de Boston ou le Triangle Research Park en Caroline du Nord. L'industrie automobile n'est pas morte aux Etats-Unis, mais elle est de plus en plus le fait des constructeurs japonais qui s'installent dans le Sud moins-disant sur le plan social et fiscal (voyez la carte ci-contre tirée du livre d'Yves Boquet, Les Etats-Unis, Belin, 2003). Le modèle toyotiste privilégie l'externalisation, ce qu'adoptent de plus en plus les Big Three. Voilà pour le constat économique, parlons maintenant de ses conséquences sociales.

Un effondrement des Trois Grands aurait des conséquences importantes par les nombreux emplois induits, au-delà de ceux qui travaillent dans le secteur. Services de tous types, restauration, bars, écoles, commerces. Une grande partie de l'activité se trouve menacée.
Le Michigan a un des taux de chômage les plus élevés des Etats-Unis (graphique ci-contre, NYT). Il est actuellement de 8,9 ù alors que la moyenne du pays est à 6,1. Pour ceux qui ont vu les films de Michael Moore, vous avez sans doute déjà entendu parler de Flint. C'est en effet sa ville natale. Son premier film, Roger and me (1989) montrait la ville et les tentatives de Moore pour interpeller le PDG de GM. Rappelez-vous également les passages de Farenheit 9/11 au cours desquels il traverse les quartiers délabrés de la ville pour suivre les recruteurs de l'armée américaine. Dans Bowling for Columbine, Michael Moore enquête sur le goût des Américains pour les armes à feu et, après avoir cité le chiffre élevé des homicides à Detroit, se rend de l'autre côté de la frontière toute proche, à Windsor au Canada, où le nombre d'homicides est très réduit, et constate que les portes des maisons ne sont pas fermées...
En 2006, Flint était la ville de plus de 100 000 habitants la plus dangereuse des Etats-Unis avec un taux de criminalité pour 1000 habitants de 26. Detroit est troisième avec un taux de 24,2.
Désastre économique, malaise social, criminalité se conjuguent donc et se nourrissent mutuellement dans le Michigan.

L'état vote plutôt démocrate aux élections présidentielles, c'était le cas en 2000 pour Gore et en 2004 pour Kerry. Ce fut également le cas cette année puisque Mc Cain avait "renoncé" depuis quelques mois à l'emporter dans cet Etat dont Obama a gagné les 17 grands électeurs avec 57% des voix.
Le sauvetage de l'industrie automobile et de GM en particulier par un prêt fédéral d'urgence est l'un des principaux sujets en débat à Washington actuellement. Les démocrates et Obama y sont favorables au nom de l'emploi, la plupart des républicains et Bush, aux commandes jusqu'au 20 janvier, y sont défavorables au nom du portefeuille du contribuable et du libéralisme. Certains, comme l'ancien candidat Mitt Romney (né dans le Michigan et dont le père a été dirigeant de GM) conseille de laisser faire le marché, quitte à aller jusqu'à une faillite, pour permettre un changement de cap à l'industrie automobile américaine. Un journaliste conseille aux Big Three de chanter à Washington l'un des premiers tubes du label Motown, créé à Detroit en 1959 et déplacé à Los Angeles en 1972 : "Money (That's What I Want)" de Barrett Strong.


Découvrez Barrett Strong!


Pour terminer sur les sombres perspectives qui s'ouvrent au Michigan, précisons que l'Etat est un de ceux où les créances en subprime sont les plus élevées, en chiffre brut et surtout rapporté au nombre d'habitants.

"Born In The USA" : hymne patriotique ou chanson contestatrice ?

Le chanteur Bruce Springsteen fait partie de la génération qui a si chèrement sacrifié sa jeunesse au Vietnam. Le "Boss", originaire du New Jersey, n'y est pas allé lui-même (la conscription ne concernait qu'un pourcentage des jeunes susceptibles d'être incorporés chaque année, d'où les paroles du deuxième couplet), mais a connu beaucoup de personnes qui y ont combattu.

Suivons-le dans les tourments d'un vétéran de retour du Vietnam dans l'Amérique de Reagan.

Lire la suite et écouter le morceau sur l'histgeobox

19 novembre 2008

“Seulement un pion dans leur jeu”

Martin Luther King lors des funérailles de Medgar Evers.

Le 12 juin 1963, le lendemain du discours présidentiel de John F. Kennedy annonçant le vote d'une loi mettant fin à la ségrégation, Medgar Evers, un noir, est tué d’une balle dans le dos alors qu’il sort de sa voiture. Deux jurys composés de blancs refusent de condamner son assassin, malgré les preuves accablantes qui pèsent sur lui. Il faut attendre 1994 pour que le meurtrier, Byron de la Beckwith, soit condamné et emprisonné. Sitôt l'événement connu, Bob Dylan consacre une chanson au drame, qui choqua profondément l'opinion publique américaine.

Lire la suite du très bon article de J. Blottière et écouter le morceau sur L'Histgeobox



18 novembre 2008

Le blues en BD (suite...)


Après un manga et une BD sur Robert Johnson dont je vous ai parlé récemment, Julien Blottière nous propose de s'intéresser au blues en suivant le travail du dessinateur Crumb qui travaille depuis longtemps sur cette musique.

16 novembre 2008

La fascination des intellectuels pour le communisme : le cas Aragon

Nous avons parlé en cours des compagnons de route, des intellectuels choisissant de soutenir plus ou moins directement le camp communiste pendant la Guerre froide. Le poète Louis Aragon, engagé dans la Résistance contre l'occupant nazi jusqu'à en devenir le poète symbole, est membre du Parti Communiste Français depuis 1927. Il le restera jusqu'à sa mort en 1982, cautionnant ses actions.


« La France doit à Staline son existence de nation. »
Louis ARAGON, Les Lettres françaises, 12 mars 1953

Dans le même genre :
« Et Staline pour nous est présent pour demain
Et Staline dissipe aujourd’hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d’amour. »
Paul ÉLUARD, Joseph Staline, janvier 1950

La photo ci-dessus nous montre les célébrations organisées par les communistes français pour le 70ème anniversaire du leader soviétique en 1948.

Ecoutez cette émission très intéressante de 30 minutes pour les relations entre Aragon et le PCF (2000 ans d'histoire de Patrice Gélinet) :


Merci à Tim pour ces références poétiques, à consulter pour ceux qui aiment la poésie.

D'autres informations sur le modèle soviétique (Goulags, collectivisation,...)

Sur les traces du bluesman Robert Johnson en BD et manga

La vie de Robert Leroy Johnson fut aussi brève qu'intense. Né en 1911 à Hazelhurst dans l'Etat du Mississippi et mort en 1938, à seulement 27 ans, probablement empoisonné par un mari jaloux !

15 novembre 2008

CSN&Y évoquent le massacre d'étudiants à Kent Sate en 1970 : "Ohio"

Le groupe CSN&Y est un groupe de rock et folk formé en 1968. Il associe des musiciens aux styles et aux personnalités assez différentes. La figure la plus connue est le Canadien Neil Young qui poursuit depuis cette date une carrière solo tout en se joignant parfois au groupe. CSN&Y participe au mythique festival de Woodstock en 1969, année de son premier album. Alors qu'ils sont au zénith de leur succès, leur tournée est interrompue pour enregistrer un titre écrit par Neil Young.

4 étudiants viennent d'être tués sur le campus de leur université.

Lire la suite et découvrir la chanson sur l'histgeobox


14 novembre 2008

Fondements et limites du modèle américain avec Norman Rockwell

Un peintre américain du XXème siècle rend bien compte par son art de la force et des limites du modèle américain. Il s'agit de Norman Rockwell (1894-1978). A travers cinq de ses œuvres, plongez dans l'Amérique des années 40 aux années 60.

13 novembre 2008

Années 1950-1960 : la fin de la ségrégation aux Etats-Unis



Dans les Etats du Sud, la ségrégation (séparation) a un statut légal jusque dans les années 1950. Ce sont les fameuses lois Jim Crow établies dans le sud après l'abolition en 1865. Elles avaient pour but de maintenir les noirs séparés des blancs et de restreindre leurs droits civils. Dans tous les lieux publics, noirs et blancs ont des espaces séparés, n'utilisent pas les mêmes toilettes, mangent, se divertissent dans des lieux différents.



Le 1er décembre 1955, à Montgomery (Alabama), Rosa Parks refuse de céder sa place à un blanc dans le bus. Elle est arrêtée et condamnée à payer une amende de 15 $. C'est alors le début du boycott des bus par les noirs de la ville lancé par un jeune pasteur baptiste, Martin Luther King.

Le 13 Novembre 1956, la Cour Suprême déclare les lois ségrégationnistes de Montgomery illégales. C'est une première victoire pour le mouvement des droits civiques. La photographie ci-contre a été prise en 1956, après la décision favorable de la Cour Suprême.


Rosa Parks est décédée le 24 octobre 2005 à 92 ans.

La déségrégation concerne aussi les écoles comme en témoigne l'histoire de Ruby Bridges. Le 14 novembre 1960, elle doit entrer dans une école publique de la Nouvelle Orléans. En savoir plus dans l'article à propos de l'illustration de Norman Rockwell.

Enfin les obstacles légaux au vote des noirs sont levés en 1964 et 1965 par le Civil Rights Act et le Voting Rights Act votés sous la présidence du démocrate Lyndon Johnson. Le promoteur de la Great Society (incluant tous ses membres, dans la lignée de la New Frontier de Kennedy) décide en 1965 de lancer un programme d'Affirmative action (discrimination positive) pour encourager la formation et le recrutement des noirs dans les universités, l'administration et la société. Ces décisions vaudront aux démocrates de perdre les voix de nombreux blancs dans le Sud au profit des républiacains, jusqu'à aujourd'hui...

08 novembre 2008

Quelques enseignements de la victoire d'Obama

Quelques photos de la fin de la campagne à Chicago et dans sa banlieue :




La victoire d'Obama, malgré les craintes sur la fiabilité des sondages, a dépassé les espérances des démocrates. Le mot landslide (glissement de terrain) décrit assez bien le vote si l'on regarde le nombre de grands électeurs : au moins 364 pour Obama contre 162 pour Mc Cain. La quasi-totalité des swing states, ces états gagnables par l'un ou l'autre camp, a ainsi basculé du côté du sénateur de l'Illinois. Obama l'emporte même dans des États du Sud (qui avaient fait sécession pendant la guerre civile de 1861-1865) qui avaient voté républicain depuis 1976 comme la Virginie et la Caroline du Nord. L'Ohio, l'Indiana, la Floride, le Nevada ont basculé du côté du candidat démocrate.

Si l'on regarde la carte des résultats par État, on constate donc qu'Obama l'emporte dans les bastions traditionnels du parti démocrate, la côte Ouest et le Nord-Est, en mordant sur quelques bastions républicains. Il dépasse les 60% dans plusieurs États : le District of Columbia qui compte une majorité de noirs (Obama y remporte 93% des voix), le Vermont (67), Rhode Island (64), le Massachussets (62), le Delaware, le Maryland, son État de l'Illinois (tous 61) ainsi que la Californie (60). John Mc Cain l'emporte dans la plupart des États du Middle West et dans le Sud. Quelques États lui acoordent même plus de 60% des voix comme l'Oklahoma (66), le Wyoming (65), l'Utah (63), l'Alaska (62), l'Alabama (61).


Pour la première fois depuis 1976 et la victoire de Jimmy Carter, un démocrate remporte plus de 50% des voix. Regardons plus en détail :
Obama l'emporte chez les hommes d'une courte tête (49/48% des voix), plus nettement chez les femmes (56/43). Les noirs lui donnent une écrasante majorité (95/4), ce qui n'est pas le cas des blancs qui ont préféré Mc Cain (55/43). Signalons néanmoins qu'Obama a fait mieux que les 5 derniers candidats démocrates dans l'électorat blanc. Les plus de 65 ans ont choisi Mc Cain (53/45) alors que les 18-29 ans ont choisi Obama (66/32). Globalement, plus les Américains sont fortunés, moins ils votent Obama, sauf ceux qui gagnent plus de 200 000 $ par an. Ceux qui votaient pour la première fois ont choisi Obama (68/31).
Si l'on observe le vote selon la religion, on constate que le vote catholique et juif s'est porté sur Obama (respectivement 54/45 et 78/21). Les catholiques avaient voté en majorité pour Bush en 2004, malgré le fait que John Kerry était lui-même catholique. Chez les évangéliques, en majorité conservateurs et qui votent républicains depuis 30 ans, Mc Cain est largement vainqueur (74/24), mais Obama améliore le score des démocrates. Cela est dû en particulier au vote des jeunes, des noirs et des hispaniques évangéliques. Un petit séjour dans une Black Church du South Side de Chicago a suffi pour nous en convaincre...

Si l'Amérique rurale a donné l'avantage à Mc Cain (53/45), la banlieue, où se concentrent les populations aisées et qui avait plutôt voté Bush en 2004, a donné une courte majorité à Obama. Les centre-villes, où se trouvent l'essentiel de la population noire et des minorités, a voté Obama (63/35).
Dernière statistique intéressante, les détenteurs d'armes à feu ont davantage choisi Mc Cain (62/37). Les ventes d'armes ont d'ailleurs connu un pic cette semaine, certains s'inquiétant de la volonté éventuelle du président élu de limiter le droit de détenir une arme, garanti par le premier amendement de la constitution.

La participation est la plus élevée depuis 100 ans puisqu'il faut remonter à 1908 pour voir un taux supérieur à 64 %. Même le taux de l'élection très disputée de 1960 entre Kennedy et Nixon a été dépassé. Les jeunes et les noirs, qui votent moins d'habitude, ont cette fois-ci participé massivement. Le succès du Early voting (vote par avance) a permis à près d'un tiers de la population de certains Etats de voter en évitant une trop longue attente. C'était le cas dans l'Illinois, voyez sur la photo un bureau de vote par avance dans un centre commercial !

En même temps que la présidence redevient démocrate, le Congrès, qui avait basculé en 2006, est de plus en plus contrôlé par le parti de l'âne. 57 sénateurs sur 100 et sur 255 représentants sur 434 sont démocrates dans le nouveau Congrès. Obama aura donc les moyens de mener sa politique, au moins jusqu'en 2010.

Obama et le nouveau Congrès n'entreront en fonction que le 20 janvier. D'ici là, la future administration Obama doit gérer la transition avec la très impopulaire administration Bush. Certains poussent Obama à agir vite, en raison de l'urgence de la crise financière, (l'économie était la question la plus importante pour 63% des électeurs) mais c'est pour l'instant Bush qui reste aux commandes. Difficile également d'interpréter le sens du vote populaire. L'Amérique est-elle devenue progressiste ou l'impopularité du président sortant l'a-t-elle fait choisir le changement tout en demeurant relativement centriste. Certains, comme le prix Nobel d'économie 2008, Paul Krugman, appellent à une politique progressiste tandis que d'autres invitent le président élu à ne pas trop s'éloigner du centre.

Une petite chanson pour finir et envisager un président noir en France... Pour la Mafia K'1 Fry, "c'est pas possible".


Découvrez Mafia K'1 Fry!



[Sources : Statistiques électeurs et cartes, NYT et Guardian; Photos : EA. Je vous avais promis que ce blog n'était pas fait pour vous montrer mes photos de vacances, mais je fais une entorse à cette règle, je pense que vous ne m'en tiendrez pas rigueur...]

07 novembre 2008

Debriefing post-électoral...



Deux semaines sans message sur ce blog ! Rassurez-vous, je ne vous ai pas abandonnés en chemin. Je viens de passer dix jours à Chicago, au cœur de la cité d'Obama, même si nous n'avons pas pu assister à la fête de mardi soir (il fallait bien être là pour la rentrée...).
J'ai donc plein de choses à vous raconter sur l'histoire et la géographie des États-Unis, en particulier sur l'élection présidentielle. Laissez-moi juste le temps de défaire les bagages et je vous raconte tout ça.

Mes vidéos