Houphouët-Boigny : premier président de Côte d'Ivoire
Pour avoir répondu que Senghor a été président de Côte d'Ivoire, 125 d'entre vous devraient finir dans le bassin aux crocodiles du palais d'Houphouët à Yamoussoukro ! Il se murmure en effet que certaines personnes y ont fini leurs jours du temps du "Vieux", surnom affectueux donné par les Ivoiriens à leur président. Quelques précisions sur ces personnages.
Félix Houphouët-Boigny
Originaire du village de Yamoussoukro, au centre de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny devient médecin. Il créée en 1946 le Rassemblement démocratique africain et devient député. Il représente un curant modéré du nationalisme. Il est même à plusieurs reprises ministre dans des gouvernements français. Il devient donc en 1960 le premier président de la Côte d'Ivoire nouvellement indépendante. Il est ensuite constamment réélu et parvient à faire du pays un modèle de développement, basé notamment sur l'exploitation du cacao. C'est l'époque où la Côte d'Ivoire est étudiée en géographie en terminale (voir ci-dessous un extrait du manuel de géo de terminale Magnard, 1989). Il meurt le 7 décembre 1993, le jour anniversaire de l'indépendance.

Léopold Sédar Senghor
Senghor nait au Sénégal, c'est un intellectuel brillant, poète, normalien (il y côtoie Pompidou), premier agrégé de grammaire africain et finalement académicien. Il est avec Césaire un des fondateurs de la négritude en littérature. Lui aussi ministre en métropole, il devient en 1960 président du Sénégal et le reste jusqu'en 1980.
Alassane Ouattara
Il fut le dernier Premier Ministre du "vieux". Réputé pour son savoir-faire en matière économique, il s'est heurté à Henri Konan Bédié en 1993. C'est le moment où ce dernier a joué la carte de "l'ivoirité" pour l'écarter. Ouattara est en effet un "dioula", c'est-à-dire originaire du Nord du pays à majorité musulmane et ses ancêtres viennent du Burkina voisin. Cela a servi de prétexte pour l'écarter du scrutin présidentiel, prélude au coup d'Etat de 1999 et à la scission de fait du pays à partir de 2002.
Laurent Gbagbo
Opposant de toujours d'Houphouët, il est socialiste. Il est finalement élu président de la République en 2000. Il n'hésite pas, lui aussi, à manier le concept d'ivoirité. Certains spécialistes ont pu parler à son propos de "socialisme à visage ethnique". Sa volonté de conserver son pouvoir a conduit à des exactions contre des civils. A partir de 2002, une rébellion éclate dans le Nord pour protester contre l'exclusion de fait des populations du Nord. La Côte d'Ivoire est alors coupée en deux. Les soldats français, présents dans le pays depuis l'indépendance, s'interposent et sont pris pour cible, de même que les ressortissants français. Gbagbo accuse la France de l'empêcher de mettre fin à la rébellion. La politique de la France n'a, il est vrai, pas toujours le mérite de la clarté en Afrique.
Un des rares moments d'unité nationale dans cette période, la qualification de l'équipe nationale pour la Coupe du monde 2006 qui valut ces quelques mots de l'attaquant Didier Drogba : «Ivoiriens, Ivoiriennes, du nord au sud, du centre à l’ouest, vous avez vu. On vous a prouvé que toute la Côte-d’Ivoire peut cohabiter [...] Aujourd’hui, on vous le demande. S’il vous plaît, on se met à genoux.»
La situation est aujourd'hui stabilisée mais le mandat de Gbagbo devait s'achever en 2005 et aucune élection n'a pu être organisée, faute de consensus sur l'établissement des listes électorales (qui est Ivoirien ?). L'ancien chef des rebelles, Guillaume Soro, est aujourd'hui premier ministre.
Félix Houphouët-BoignyOriginaire du village de Yamoussoukro, au centre de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny devient médecin. Il créée en 1946 le Rassemblement démocratique africain et devient député. Il représente un curant modéré du nationalisme. Il est même à plusieurs reprises ministre dans des gouvernements français. Il devient donc en 1960 le premier président de la Côte d'Ivoire nouvellement indépendante. Il est ensuite constamment réélu et parvient à faire du pays un modèle de développement, basé notamment sur l'exploitation du cacao. C'est l'époque où la Côte d'Ivoire est étudiée en géographie en terminale (voir ci-dessous un extrait du manuel de géo de terminale Magnard, 1989). Il meurt le 7 décembre 1993, le jour anniversaire de l'indépendance.

Léopold Sédar Senghor
Senghor nait au Sénégal, c'est un intellectuel brillant, poète, normalien (il y côtoie Pompidou), premier agrégé de grammaire africain et finalement académicien. Il est avec Césaire un des fondateurs de la négritude en littérature. Lui aussi ministre en métropole, il devient en 1960 président du Sénégal et le reste jusqu'en 1980.Il fut le dernier Premier Ministre du "vieux". Réputé pour son savoir-faire en matière économique, il s'est heurté à Henri Konan Bédié en 1993. C'est le moment où ce dernier a joué la carte de "l'ivoirité" pour l'écarter. Ouattara est en effet un "dioula", c'est-à-dire originaire du Nord du pays à majorité musulmane et ses ancêtres viennent du Burkina voisin. Cela a servi de prétexte pour l'écarter du scrutin présidentiel, prélude au coup d'Etat de 1999 et à la scission de fait du pays à partir de 2002.
Laurent Gbagbo
Opposant de toujours d'Houphouët, il est socialiste. Il est finalement élu président de la République en 2000. Il n'hésite pas, lui aussi, à manier le concept d'ivoirité. Certains spécialistes ont pu parler à son propos de "socialisme à visage ethnique". Sa volonté de conserver son pouvoir a conduit à des exactions contre des civils. A partir de 2002, une rébellion éclate dans le Nord pour protester contre l'exclusion de fait des populations du Nord. La Côte d'Ivoire est alors coupée en deux. Les soldats français, présents dans le pays depuis l'indépendance, s'interposent et sont pris pour cible, de même que les ressortissants français. Gbagbo accuse la France de l'empêcher de mettre fin à la rébellion. La politique de la France n'a, il est vrai, pas toujours le mérite de la clarté en Afrique.Un des rares moments d'unité nationale dans cette période, la qualification de l'équipe nationale pour la Coupe du monde 2006 qui valut ces quelques mots de l'attaquant Didier Drogba : «Ivoiriens, Ivoiriennes, du nord au sud, du centre à l’ouest, vous avez vu. On vous a prouvé que toute la Côte-d’Ivoire peut cohabiter [...] Aujourd’hui, on vous le demande. S’il vous plaît, on se met à genoux.»
La situation est aujourd'hui stabilisée mais le mandat de Gbagbo devait s'achever en 2005 et aucune élection n'a pu être organisée, faute de consensus sur l'établissement des listes électorales (qui est Ivoirien ?). L'ancien chef des rebelles, Guillaume Soro, est aujourd'hui premier ministre.
Découvrez Tiken Jah Fakoly!
- Un article de J. Blottière sur les deux musiciens emblématiques du pays : TJ Fakoly et Alpha Blondy, ainsi qu'une étude de la chanson de TJK, Francafrique sur l'histgeobox.
- Un très bon portrait de Didier Drogba
- Je vous propose de découvrir un autre leader africain mythique, Patrice Lumumba à travers l'étude d'une chanson vraiment très originale : Vincent Courtois et Ze Jam Afane : "L'arbre Lumumba"
- Je vous parlerai très prochainement d'une excellente BD, Aya de Yopougon de Marguerite Abouët et Clément Oubrerie, qui évoque magnifiquement Abidjan au temps du "Vieux". A guetter dans le coin BD...






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