Un blog pour apprendre et comprendre le monde contemporain

11 novembre 2009

Stalinisme, purges et jdanovisme dans les démocraties populaires

[Caricature tchécoslovaque des années 1950. Cette démocratie populaire fut particulièrement touchée par les purges staliniennes.Une des victimes de ces "purges" est évoquée ici : Slansky]

"Jean Ferrat reste l'un des grands noms de la chanson à texte. Il a écrit et interprété de nombreuses chansons engagées dans lesquelles il dénonçait l'exploitation de l'homme par l'homme. Ce compagnon de route du parti communiste français critique ici (en 1980, un peu tard diront certains) la “caricature” de socialisme que fut le système soviétique, en tout cas stalinien. Revenons sur les heures les plus sombres de l'URSS et de son bloc: la grande terreur, le jdanovisme, les purges dans les démocraties populaires…"

10 novembre 2009

Augmix # 12 : Chanson, rap, rock, blues, spirituals,...



Je vous ai concocté une petite playlist des titres que j'aime écouter en ce moment. Au programme : Cœur de Pirate, Manau, Léo Ferré, Queen, Bessie Smith, Crosby, Stills, Nash & Young, Nas, Jay-Z et Alicia Keys, Kid Cudi, Kanye West et Common, Oxmo Puccino. Vous pouvez écoutez tous ces artistes et voir quelques vidéos sur Samarra.


Retrouvez également les sélections précédentes.

08 novembre 2009

Le Mur de Berlin (1961-1989)


"Le 13 août 1961, vers 2 heures du matin, les autorités est-allemandes commencent à édifier le Mur de Berlin. L'information ne semble pas avoir filtré à l'ouest. La plupart des Berlinois, quant à eux, ne le découvrent qu'au matin. Le « mur de Berlin » coupe la ville en deux sur une longueur de 43 km, tandis qu'il couvre 112 km en dehors (soit une longueur totale du Mur de 155 km autour de Berlin-Ouest). La plupart des points de passage entre secteurs sont murés."

Au début de sa carrière, le jeune Daniel Balavoine consacra un album entier au Mur. Julien Blottière nous présente un de ces morceaux sur l'Histgeobox dans lequel il revient sur l'origine de cette construction.

Retrouvez également sur le blog de Julien de nombreux articles et liens sur l'Allemagne dans la Guerre froide.


[Photo E.Augris; Reste du Mur en 2009]

07 novembre 2009

La RDA au temps de la Stasi

"En 1974, dans sa chanson “Die Stasi Ballade”, le chanteur Wolf Biermann dépeint avec brio le quotidien de nombreux Est-Allemands, surveillés et contrôlés par la redoutable police politique, connue sous le nom de Stasi.

Pour en savoir plus sur le quotidien des citoyens est-allemands surveillés par cette redoutable police politique, allez faire un tour sur l'histgeobox et lisez l'article passionnant de Julien Blottière.


[Photo : Groupe de dissidents dans l'appartement de Wolf Biermann (qui tient une guitare). A gauche, on distingue le physicien Robert Havemann.]

06 novembre 2009

La guerre de Corée en chansons

[Trois marines américains guardent 3 prisonniers nord-coréens (1950)]

"En 1945, les Soviétiques et les Américains libèrent la Corée de l'occupation japonaise. La Corée est alors occupée par les Soviétiques au Nord du 38è parallèle (Nord) et les Américains au Sud. Elle subit un sort identique à celui de l’Allemagne. Sous l’effet de la guerre froide, deux États coexistent de part et d’autre du 38e parallèle : l'un soutenu par les États-Unis et dirigé par Syngman Rhee, au sud et l'autre, communiste, au Nord, dirigé par Kim Il-Sung.

Le 25 juin 1950, les Nord-Coréens déclenchent l'offensive, très probablement sur ordre de Staline qui veut, après l’Europe et le revers de Berlin, pousser ses pions en Asie. Ce conflit meurtrier inspira les musiciens américains, à commencer par le bluesman JBLenoir ("Korea blues"), un habitué des textes engagés, mais aussi, et plus récemment, le groupe Cake ("I Bombed Korea Every Night")."



04 novembre 2009

Le ruban blanc : Allemagne, 1913

"Alors oui, Michael Haneke a été couronné (en fait palmé) pour ce film, Le ruban blanc.

Je commence par éloigner le spectateur habitué à la facilité ......action, sexe, humour, montage serré, musique tonitruante etc..... Bref, ici rien de cela....

Ce film se mérite. Il est en noir et blanc, en allemand (sous-titré tout de même !) et dure 2 h 24 minutes. Le générique est long et muet...
Alors ? Oui, votre jugement est fait ! Je vais m'ennuyer ! Sauf, si vous décidez de vous laissez emporter dans cette histoire un peu sordide qui se passe dans un village de Prusse orientale à la veille de la Première Guerre mondiale."



30 octobre 2009

Sin Nombre et La Vida Loca : au coeur des Maras en Amérique centrale


Un film magnifique du jeune réalisateur américain Cary Joji Fukunaga est actuellement en salles en France. Le réalisateur est originaire d'Oakland en Californie mais vit à New York. Son père est d'origine japonaise et sa mère d'origine suédoise. Il a vécu dans plusieurs pays dont le Mexique. C'est justement dans le sud de ce pays, au Chiapas, qu'il nous emmène avec Sin Nombre. Nous suivons deux histoires parallèles de jeunes latino-américains qui vont se croiser sur un train en route pour El Norte : les Etats-Unis, eldorado tant désiré en Amérique Centrale.


28 octobre 2009

Le Rock et la Guerre froide

[Elvis Presley lors de son service militaire en RFA en 1958]

"Lorsque le rock and roll apparaît aux États-Unis, il suscite d’emblée l’incompréhension de la part des adultes, qui y voient une influence néfaste pour la jeunesse. Les déhanchements suggestifs d’Elvis Presley troublent une frange importante de l’Amérique puritaine. Cette musique, fruit des « amours » entre country blanche et blues noir brouille également les repères d’une société encore ségrégationniste". Pourtant, la popularité du genre va rapidement devenir un atout dans le combat idéologique contre l'URSS... C'est cette histoire passionnante que nous raconte Julien Blottière sur Samarra.

Il expose dans un premier temps le succès des musiciens rock auprès de la jeunesse du bloc communiste.

Il nous parle ensuite du groupe tchécoslovaque Plastic People of the Universe, fondé après la désillusion de 1968 et l'écrasement du Printemps de Prague.

26 octobre 2009

"Naître adulte, arriver sur terre par catapulte..."


A l'occasion des 20 ans de la Convention internationale des droits de l'enfant, le rappeur Oxmo Puccino a offert une chanson à l'Unicef. Je vous propose sur l'histgeobox de découvrir cette chanson et d'en apprendre plus sur la situation des enfants dans le monde avec quelques aspects du rapport 2009 de l'agence.



24 octobre 2009

Des nouvelles du vaste monde...

Ghetto de Varsovie : la mort du dernier chef

Le dernier chef de la révolte du Ghetto de Varsovie est décédé à plus de 90 ans début octobre. Il s'agit de Marek Edelman. Petit rappel des faits.
Pendant l'été 1942, les Nazis qui occupent la Pologne depuis 1939, décident de déporter plus de 300 000 personnes du ghetto de Varsovie où sont parqués les Juifs de la ville et des environs. Il n'en restent alors plus que 40 000, promis à une mort quasi-certaine. Parmi eux, la résistance s'organise, notamment autour de l'OCJ (Organisation Juive de Combat) dirigée par Mordechaï Anielewicz. En janvier 1943, l'insurrection du ghetto démarre. Elle ne prend fin qu'avec le bombardement systématique des bâtiments par l'armée allemande. La liquidation inéluctable du ghetto a donc été retardée de quelques mois par cette résistance. Tué début mai, Anilewicz est donc remplacé par Edelman qui parvient à échapper à la déportation systématique et complète des juifs de Varsovie. Il participe à l'autre insurection de Varsovie, celle de l'ensemble de la ville en août 1944, elle aussi matée brutalement par les Nazis malgré la proximité des troupes soviétiques peu pressées de libérer la ville...
Marek Edelman choisit de rester en Pologne en 1945. L'antisémitisme de nombreux Polonais (en 1946, un pogrom a lieu à Kielce) ne suffit pas à le convaincre de partir pour Israël. Il n'adhère en effet pas au sionisme et n'hésite pas à régulièrement critiquer la politique d'Israël à l'égard des Palestiniens. Devenu cardiologue, il est renvoyé de son service en 1968, le pouvoir communiste n'hésitant pas à faire appel à l'antisémitisme. Il participe à l'épopée de Solidarnosc ce qui lui vaut de connaître la prison au moment de l'État d'urgence en 1981.

[Deux livres à lire : Wladyslaw Szpilman, Le pianiste, Pocket et Marek Edelman, Mémoires du Ghetto de Varsovie, Liana Levi-Piccolo. Lisez également le portrait d'Edelman paru dans Le Monde. Source de la photo]


Massacres en Guinée

La mort de l'ancien dictateur Lansana Conté en 2008 n'a pas permis d'établir la démocratie en Guinée-Conakry. Les militaires ont saisi le pouvoir et ne semblent pas vouloir le laisser aux civils. Des opposants aux militaires avaient organisé un rassemblement dans un stade en vue de l'élection présidentielle qui doit avoir lieu en jannvier 2010. L'armée a tiré sur la foule et commis de nombreux viols. Julien Blottière revient sur ces évènements et évoque quelques musiques pour mieux comprendre. C'est sur Samarra.


Obama mérite-t-il le prix Nobel ?

Il y a deux ans, alors que Barack Obama n'était que candidat, je posais sur ce blog cette question : Barack Obama est-il le candidat du "Soft Power" ? En donnant le prix Nobel au président des Etats-Unis, le jury du Nobel semble accréditer cette thèse. Quelques décisions mais surtout des discours semblent effectivement faire d'Obama un artisan de la paix à l'échelle mondiale (annonce de la fermeture de Guantanamo, discours de Prague sur la dénucléarisation, abandon du projet de bouclier anti-missile, désir de limiter le réchauffement climatique). Dès son entrée en fonction, il a donc cherché à être le président du Soft Power. Mais les Etats-Unis restent une puissance militaire qui mène une guerre en Afghanistan et qui y tue des civils. Si Guantanamo devrait fermer, la prison de Bagram en Afghanistan a beaucoup de points communs avec le camp Delta sur l'île de Cuba qui abrite Guantanamo...
Il ne s'agit pas de mettre en doute la volonté de paix et de multilatéralisme d'Obama, mais les réalités du débat politique américain le conduisent à endosser des intérêts pas toujours pacifiques. Ce n'est pas la première fois qu'un président américain en exercice reçoit le Prix Nobel de la Paix. Avant lui Théodore Roosevelt (en 1906 pour son rôle dans la négociation de paix entre Russie et Japon) et Woodrow Wilson (en 1919 pour son projet de Société des Nations dont les États-Unis ne font finalement pas partie...). Jimmy Carter, président de 1977 à 1981, ne l'a reçu qu'en 2002.
Espérons que cette récompense servira à encourager Obama et les dirigeants du monde à œuvrer en faveur de davantage de multilatéralisme et pour la paix, en actes concrêts autant qu'en discours.


"Que pensez-vous du départ des Marocains ?"

La question vous surprend ? Elle a été posée par des Marocains résidant aux Pays-Bas. Leur objectif : contrer les arguments de la droite poupuliste incarnée par Geert Wilders qui stigmatise les étrangers. Pour faire passer le message, l'association Munt a mis en ligne sur son site une vidéo qui imagine le pays après le départ des Marocains. Les journaux ne sont plus distribués, leur contenu est d'ailleurs monotone puisqu'ils ne savent plus de quoi parler, les taxis ne roulent plus, les travaillleurs sociaux semblent désoeuvrés et les voitures attendent d'être réparées.... Le film est un peu maladroit mais pose le problème avec humour. Regardez plutôt :

20 octobre 2009

Fondements et limites du modèle américain


Le fameux discours prononcé par Martin Luther King le 28 août 1963 est un grand moment dans la lutte pour les droits civiques. C'est un discours très émouvant à écouter (même si votre compréhension de l'anglais n'est pas parfaite), surtout la dernière partie. [Une traduction en français du discours.]


Retrouvez les autres articles sur le modèle américain :

15 octobre 2009

Qui était Nixon ?

A l'occasion de la publication aux Presses de Sciences Po de sa biographie de Richard Milhous Nixon, nous avons demandé à l'historien Romain Huret de nous en dire plus sur celui qui fut président des Etats-Unis de 1969 à 1974. Ancien Vice-Président républicain du Président Eisenhower (1953-1961) avant de perdre de peu contre John Kennedy en novembre 1960, Nixon paraissait perdu pour la politique avant de réussir à revenir dans l'arène pour l'emporter en 1968 dans une Amérique en plein doute, embourbée dans le conflit vietnamien. Réélu en 1972, Nixon devait pourtant démissionner en 1974 suite au scandale du Watergate.

Le portrait que nous dresse Romain Huret est beaucoup plus nuancé que l'image qui colle habituellement à celui que l'on surnommait "Tricky Dick" (Richard le tricheur). Il nous parle également du Nixon des musiciens, l'occasion pour nous de vous fournir un playlist sur Nixon à retrouver à la fin de l'entretien.

14 octobre 2009

"Les fils de la terre" : au coeur du Japon rural

Le Japon est aujourd'hui associé à la frénésie des villes de la Mégalopole. A juste titre puisque l'essentiel de la population japonaise (70% soit 90 millions) y réside. Pourtant, il y a un siècle, le pays était encore essentiellement rural. Une grande partie de l'identité et des traditions nippones (religieuses, culturelles,...) puise ses racines dans les campagnes.

Je vous propose de découvrir un manga passionnant qui nous dévoile un pan méconnu des évolutions économiques et sociales du Japon de la "Haute-croissance" (1955-1975) à aujourd'hui.

13 octobre 2009

La fascination pour le maoïsme


Il y a la fascination exercée par le modèle soviétique et celle exercée par la "voie chinoise vers le socialisme" incarnée par Mao Zedong de 1949 à 1976. A partir de la fin des années 1960 et pendant les années 1970, le maoïsme attire en effet une partie de la gauche française qui rejette le stalinisme. La "révolution culturelle", qui a démarré en 1966, bat son plein lorsqu'en 1967, le chanteur Nino Ferrer se moque gentiment de ces "maos".


Pour comprendre les années Mao, je vous recommande un mahnua qui n'a pas été édité en Chine. Il faut dire qu'il aborde une période encore peu "refroidie" de l'histoire récente de la Chine, en particulier le "Grand Bond en avant" de la fin des années 1950 et la Révolution culturelle (1966-1976). Trois tomes sont prévus chez Kana. Le premier intitulé "Le temps du père" vient de sortir. Le scénariste est européen mais a vécu en Asie, il s'agit de P.Ôtié qui a adapté l'histoire de Li Kunwu. Celui-ci est aussi le dessinateur puisqu'il a été pendant plusieurs années artiste au service de la propagande du régime communiste. Il n'est pas question du sommet de l'Etat mais des effets des décisions des dirigeants communistes chinois sur les populations locales, ici dans les campagnes.

Retrouvez sur le blog de J. Blottière des liens sur les 60 ans de la République populaire de Chine.