Le dernier chef de la révolte du Ghetto de Varsovie est décédé à plus de 90 ans début octobre. Il s'agit de
Marek Edelman. Petit rappel des faits.
Pendant l'été 1942, les Nazis qui occupent la Pologne depuis 1939, décident de déporter plus de 300 000 personnes du ghetto de Varsovie où sont parqués les Juifs de la ville et des environs. Il n'en restent alors plus que 40 000, promis à une mort quasi-certaine. Parmi eux, la résistance s'organise, notamment autour de l'OCJ (Organisation Juive de Combat) dirigée par Mordechaï Anielewicz. En
janvier 1943, l'insurrection du ghetto démarre. Elle ne prend fin qu'avec le bombardement systématique des bâtiments par l'armée allemande. La liquidation inéluctable du ghetto a donc été retardée de quelques mois par cette résistance. Tué début mai, Anilewicz est donc remplacé par Edelman qui parvient à échapper à la déportation systématique et complète des juifs de Varsovie. Il participe à l'autre insurection de Varsovie, celle de l'ensemble de la ville en août 1944, elle aussi matée brutalement par les Nazis malgré la proximité des troupes soviétiques peu pressées de libérer la ville...
Marek Edelman choisit de rester en Pologne en 1945. L'
antisémitisme de nombreux Polonais (
en 1946, un pogrom a lieu à Kielce) ne suffit pas à le convaincre de partir pour Israël. Il n'adhère en effet pas au sionisme et n'hésite pas à régulièrement critiquer la politique d'Israël à l'égard des Palestiniens. Devenu cardiologue, il est renvoyé de son service en
1968, le pouvoir communiste n'hésitant pas à faire appel à l'antisémitisme. Il participe à l'épopée de
Solidarnosc ce qui lui vaut de connaître la prison au moment de l'État d'urgence en 1981.
[Deux livres à lire : Wladyslaw Szpilman,
Le pianiste, Pocket et Marek Edelman,
Mémoires du Ghetto de Varsovie, Liana Levi-Piccolo. Lisez également le
portrait d'Edelman paru dans Le Monde.
Source de la photo]
Massacres en GuinéeLa mort de l'ancien dictateur Lansana Conté en 2008 n'a pas permis d'établir la démocratie en Guinée-Conakry. Les militaires ont saisi le pouvoir et ne semblent pas vouloir le laisser aux civils. Des opposants aux militaires avaient organisé un rassemblement dans un stade en vue de l'élection présidentielle qui doit avoir lieu en jannvier 2010.
L'armée a tiré sur la foule et commis de nombreux viols. Julien Blottière revient sur ces évènements et évoque quelques musiques pour mieux comprendre.
C'est sur Samarra.
Obama mérite-t-il le prix Nobel ?
Il y a deux ans, alors que Barack Obama n'était que candidat, je posais sur ce blog cette question :
Barack Obama est-il le candidat du "Soft Power" ? En donnant le prix Nobel au président des Etats-Unis, le jury du Nobel semble accréditer cette thèse. Quelques décisions mais surtout des discours semblent effectivement faire d'Obama un
artisan de la paix à l'échelle mondiale (annonce de la fermeture de Guantanamo, discours de Prague sur la dénucléarisation, abandon du projet de bouclier anti-missile, désir de limiter le réchauffement climatique). Dès son entrée en fonction, il a donc cherché à
être le président du Soft Power. Mais
les Etats-Unis restent une puissance militaire qui mène une guerre en Afghanistan et qui y tue des civils. Si Guantanamo devrait fermer, la prison de
Bagram en Afghanistan a beaucoup de points communs avec le camp Delta sur l'île de Cuba qui abrite Guantanamo...
Il ne s'agit pas de mettre en doute la volonté de paix et de multilatéralisme d'Obama, mais les réalités du débat politique américain le conduisent à endosser des intérêts pas toujours pacifiques. Ce n'est pas la première fois qu'un président américain en exercice reçoit le Prix Nobel de la Paix. Avant lui Théodore Roosevelt (en 1906 pour son rôle dans la négociation de paix entre Russie et Japon) et Woodrow Wilson (en 1919 pour son projet de Société des Nations dont les États-Unis ne font finalement pas partie...). Jimmy Carter, président de 1977 à 1981, ne l'a reçu qu'en 2002.
Espérons que cette récompense servira à encourager Obama et les dirigeants du monde à œuvrer en faveur de davantage de multilatéralisme et pour la paix, en actes concrêts autant qu'en discours.
"Que pensez-vous du départ des Marocains ?"La question vous surprend ? Elle a été posée par des Marocains résidant aux Pays-Bas. Leur objectif : contrer les arguments de la droite poupuliste incarnée par Geert Wilders qui stigmatise les étrangers. Pour faire passer le message, l'association Munt a mis en ligne sur son site une vidéo qui imagine le pays après le départ des Marocains. Les journaux ne sont plus distribués, leur contenu est d'ailleurs monotone puisqu'ils ne savent plus de quoi parler, les taxis ne roulent plus, les travaillleurs sociaux semblent désoeuvrés et les voitures attendent d'être réparées.... Le film est un peu maladroit mais pose le problème avec humour. Regardez plutôt :